HERBORISTE



À la Belle Époque, le métier d’herboriste en France était à son apogée, mêlant savoir populaire, traditions médicinales et une certaine effervescence urbaine.
Le métier d’herboriste remonte à l’Antiquité, mais c’est au XVIII siècle que Louis XVI officialise la profession en créant un diplôme d’herboriste en 1778, délivré par les facultés de pharmacie.
Les herboristes étaient reconnus comme spécialistes des plantes médicinales, distincts des pharmaciens, et souvent issus de milieux populaires.
À Paris et dans les grandes villes, les herboristes tenaient des boutiques animées, vendant plantes séchées, poudres, infusions et conseils personnalisés.
Leur clientèle était variée : classes populaires, passionnés de médecine naturelle, et même des médecins ouverts aux remèdes traditionnels.
On comptait plus de 4 000 herboristes en France au début du XX siècle
Un métier souvent féminin
De nombreuses herboristes étaient des femmes, parfois aussi sages-femmes, dont le savoir était transmis oralement ou appris sur le terrain.
Cette dimension populaire et féminine donnait à l’herboristerie une image ambivalente, entre respect et marginalisation.
L’essor de la médecine moderne et des médicaments de synthèse a progressivement relégué l’herboristerie au second plan.
En 1941, le régime de Vichy supprime le diplôme d’herboriste, confiant aux seuls pharmaciens le droit de vendre des plantes médicinales.
Malgré cette disparition officielle, l’herboristerie a laissé une empreinte durable dans la culture française.
Aujourd’hui, elle connaît un renouveau, porté par l’intérêt croissant pour les médecines naturelles et les savoirs ancestraux.

Imagine Paris vers 1905, ruelles pavées et parfums entêtants de plantes séchées s’échappant des échoppes d’herboristes. Une certaine Madame Berthelot, herboriste réputée du quartier de Montmartre, avait un don particulier : elle préparait des infusions censées raviver les passions… et les mariages en péril.
Le scandale survient un printemps, lorsqu’un député bien marié découvre que sa femme s’épanouit un peu trop grâce aux “élixirs fleuris” de Madame Berthelot. Soupçonnant une recette aphrodisiaque d’une efficacité redoutable, il tente de faire fermer la boutique. Résultat : une cohue de clients en colère, des lettres de soutien dans Le Petit Journal, et même un poème publié en l’honneur de la “magicienne des tisanes”. Finalement, le député fut discrètement évincé et l’herboriste devint une icône parisienne, recevant jusqu’à des actrices du théâtre pour ses mélanges “fièvre d’amandier” et “lune de marjolaine”.