GUIDE TOURISTIQUE


À la Belle Époque, le métier de guide touristique en France prend son essor dans un contexte de modernisation et d’essor du tourisme. Voici un aperçu de son évolution :
La Belle Époque (1871–1914) est marquée par la paix, le progrès technique (chemin de fer, automobile), et l’essor des loisirs.
Le tourisme devient une activité populaire, notamment chez les classes bourgeoises, qui cherchent à découvrir les richesses culturelles et naturelles de la France.
Les premiers guides étaient souvent des locaux (paysans, montagnards) qui accompagnaient les visiteurs dans les régions difficiles d’accès, comme les Alpes.
À Chamonix, dès 1821, une Compagnie des Guides est créée pour encadrer et professionnaliser l’activité.
Le métier se structure avec des règlements, des brevets, et des livrets de recommandations laissés par les clients.
Influence des guides imprimés
Les guides Joanne (créés en 1841) et les Guides bleus (à partir de 1919) deviennent des références pour les voyageurs .
Ces ouvrages orientent les pratiques touristiques, définissent les lieux à visiter, et influencent la manière dont les guides humains présentent les sites.
Dans les Alpes, le guide devient un professionnel reconnu, souvent breveté, avec une hiérarchie et des distinctions honorifiques.
Le Club Alpin Français, fondé en 1874, joue un rôle clé dans la régulation du métier et la formation des guides.
Dans les villes comme Paris, des guides spécialisés apparaissent pour accompagner les visiteurs dans les musées, les monuments, et même la vie nocturne.
Le guide touristique devient aussi un intermédiaire culturel, traduisant les coutumes locales et les récits historiques pour les visiteurs étrangers.

Le guide, la duchesse et les catacombes interdites
En 1907, à Paris, un jeune guide nommé Armand menait des visites privées pour les membres de la haute société. Parmi ses clients les plus réguliers : la duchesse d’A., une veuve fantasque passionnée d’aventures... et d’interdits. Un jour, elle demanda à Armand une visite nocturne des catacombes un parcours interdit à l'époque, en dehors des circuits officiels. Flatté mais inquiet, Armand accepta.
À minuit, ils descendirent par une entrée dissimulée derrière un ancien caveau. Torches à la main, Armand racontait les histoires macabres des ossements entassés. Tout à coup, la duchesse proposa une pause “champagne” dans un couloir bordé de crânes. Armand, surpris, vit sortir de sa sacoche une demi-bouteille et deux verres en cristal... Ils burent à la santé des morts, puis elle lui dit : « Ce sont les lieux parfaits pour une confession : j’ai été fiancée au roi Léopold… avant qu’il ne devienne roi. »
La confession fit frémir Armand. Mais le moment était interrompu par un bruit de pas deux policiers patrouilleurs ! Pris sur le fait, Armand improvisa : « Mesdames et messieurs, voici un aperçu authentique de nos forces de l'ordre. La sécurité des catacombes est exemplaire ! » Le tout avec un accent britannique pour jouer le rôle d’un guide étranger. Les policiers, flattés, laissèrent passer sans vérifier les papiers.
Depuis ce soir-là, Armand fut surnommé “le guide aux fantômes” et la duchesse, fidèle cliente, ne manqua plus une visite clandestine...