GUICHETIERE


Le métier de guichetière à la Belle Époque en France était bien plus qu’un simple emploi derrière un comptoir c’était une fenêtre sur les bouleversements sociaux, économiques et technologiques de la fin du XIXe et du début du XXe siècle.
La Belle Époque (environ 1890–1914) fut une période de croissance économique, d’innovations techniques et d’essor culturel en France.
Les services publics comme la Poste, les chemins de fer, et les banques se développent rapidement, nécessitant du personnel pour accueillir et orienter les usagers.
Elle travaillait dans des bureaux de poste, gares, banques, ou administrations publiques, assurant des tâches comme :
Vente de timbres, billets ou services
Réception et tri de courrier
Renseignements aux usagers
Gestion de transactions simples
Ce métier exigeait rigueur, politesse, et une certaine présentation, car la guichetière représentait l’institution auprès du public.
Un métier genré et symbolique
Le poste de guichetière était souvent occupé par des femmes issues de la petite bourgeoisie, considérées comme aptes à des fonctions d’accueil.
Il s’inscrivait dans une logique de féminisation des services publics, mais dans des rôles subalternes, liés à des qualités dites « naturelles » : douceur, patience, discrétion.
Malgré cela, les femmes étaient mal rémunérées et limitées dans leur évolution professionnelle, souvent cantonnées à des tâches répétitives.
Les horaires étaient longs, parfois en décalé, surtout dans les gares ou les postes ouvertes tôt et tard.
Les guichetières devaient souvent concilier travail et vie domestique, dans une société encore très patriarcale.
Le congé maternité n’a été instauré qu’en 1913, et les lois sur le travail des femmes restaient restrictives.
Avec l’essor du chemin de fer et de la poste moderne, le métier évolue :
Introduction de la bicyclette pour les tournées postales
Développement des services financiers comme les chèques postaux dès 1918
Apparition de nouveaux outils et méthodes de gestion

L’affaire du billet détourné
Mademoiselle Élise, guichetière à la Gare Saint-Lazare, était connue pour son élégance, son efficacité… et ses admirateurs. Parmi eux, un jeune homme du nom de Lucien, employé aux postes, qui venait chaque jour acheter un billet qu’il n’utilisait jamais. Ce billet, soigneusement glissé dans son veston, contenait en réalité des messages codés destinés à Élise. Un véritable courrier du cœur déguisé en transaction ferroviaire.
Un jour, un contrôleur zélé intercepta Lucien et s’aperçut que le billet avait été annulé à la vente… mais tout de même imprimé. Intrigué, il signala l’anomalie. Une enquête discrète fut lancée, et bientôt, la direction découvrit que Élise utilisait son poste pour imprimer des billets romantiques personnalisés avec des phrases comme « Venez avec moi au bout du monde » ou « Premier arrêt : mon cœur ».Au lieu d’être renvoyée, elle fut transférée à la billetterie du théâtre du Châtelet, où ses talents furent réorientés vers la création de places VIP… tout en continuant à charmer la clientèle.