GROOM


Le métier de groom à la Belle Époque en France était bien plus qu’un simple emploi de service c’était un symbole d’élégance, de modernité et de hiérarchie sociale dans les grands hôtels et établissements de luxe.
La Belle Époque (1871–1914) fut une période de prospérité, d’innovation et de raffinement en France, notamment à Paris.
Le tourisme et les voyages en train se développent, entraînant une montée en gamme des hôtels et des services associés.
Le groom était souvent un jeune homme en uniforme, chargé d’ouvrir les portes, porter les bagages, accompagner les clients dans les ascenseurs (souvent manuels à l’époque), et transmettre les messages.
Il incarnait la politesse, la discrétion et la disponibilité, contribuant à l’image prestigieuse des établissements.
Dans les hôtels de luxe, le groom était parfois le premier contact du client une figure emblématique du service à la française.
Statut social et évolution
Ce métier était considéré comme modeste mais honorable, souvent occupé par des jeunes issus de milieux populaires.
Il pouvait servir de tremplin vers d’autres postes dans l’hôtellerie, comme maître d’hôtel ou concierge.
Le métier a évolué avec la modernisation des infrastructures (ascenseurs automatiques, standard téléphonique) et la professionnalisation du secteur hôtelier.
Le groom est devenu un personnage récurrent dans la littérature et la bande dessinée, notamment avec le célèbre Spirou, groom fictif d’un hôtel belge.
Son uniforme, souvent rouge avec boutons dorés, est devenu une icône visuelle associée au luxe et à l’accueil.

Le groom, le collier de diamants et le “client très spécial”
Au Ritz, vers 1905, un groom nommé Henri, jeune homme discret mais vif, voit arriver un homme excentrique, vêtu comme un maharadjah, accompagné d’un lévrier parfumé au jasmin (oui, le chien aussi portait un bijou). L’homme demande une suite entière pour lui… et pour son chien.
Une nuit, Henri est appelé en urgence dans la chambre du maharadjah. Ce dernier lui confie une mission ultra confidentielle : cacher un collier de diamants d'une valeur extravagante dans un lieu sûr, car il craint un vol. Henri, un peu inquiet mais flatté par la confiance, l’enroule dans ses gants de service et le dépose dans... la boîte à thé du salon de thé de l’hôtel, réputée pour son accès discret et ses couvercles hermétiques.
Le lendemain, tout le personnel est en ébullition. Le collier a disparu. Panique. Interrogatoires. Jusqu'à ce qu’une vieille dame anglaise, fidèle cliente de l’hôtel, s’étonne de “ce goût étrange dans le thé du matin”... Le collier avait glissé dans le pot et trempé dans l’eau bouillante avant de se poser au fond de la tasse. Le maharadjah, hilare, récompensa Henri en lui offrant... le pendentif principal, devenu légèrement infusé.