GARDIEN DE PHARE


Le métier de gardien de phare à la Belle Époque en France était à la fois rude, solitaire et empreint d’un certain romantisme. Voici un aperçu de son évolution et de ses réalités à cette époque :
Le métier prend forme officiellement avec la création du Service des phares et balises en 1806.
Jusqu’en 1848, l’allumage des phares était confié à des entreprises privées. Après cette date, les gardiens deviennent fonctionnaires d’État.
À la Belle Époque (fin XIXe – début XXe siècle), le métier commence à se professionnaliser, avec des formations spécifiques et des règlements stricts.
Les gardiens devaient :
Allumer, surveiller et éteindre le feu du phare.
Veiller à la visibilité et déclencher la corne de brume si nécessaire.
Entretenir les lentilles de Fresnel et les mécanismes optiques.
Offrir secours aux naufragés sans jamais compromettre la surveillance du feu
Vie quotidienne
La vie dans les phares était souvent monotone et isolée, surtout dans les phares en mer surnommés les "enfers".
Les gardiens passaient de longues heures seuls, parfois plusieurs semaines sans contact avec la terre ferme.
Pour lutter contre l’ennui, certains lisaient, pêchaient ou tressaient des paniers. Une bibliothèque circulante fut même créée en 1867 pour leur fournir des livres.
Le métier s’est féminisé assez tôt, notamment par nécessité de recrutement.
Marie-Perrine Durand devient la première gardienne de phare reconnue en France, au phare du Paon, jusqu’à sa mort en 1933
À la Belle Époque, les gardiens de phare sont souvent idéalisés dans la presse et la littérature comme des héros solitaires, veilleurs de l’infini.
Des auteurs comme Jules Verne ou Alphonse Daudet ont contribué à cette image romantique dans leurs récits.

Le Phare du Crépuscule et l'amour interdit
En 1896, sur la côte rocheuse de Bretagne, le gardien du phare de la Vieille perché face aux tempêtes dans le raz de Sein était un certain Émile Guérin, homme taciturne, veuf, amoureux des livres et du silence. L’isolement de son poste en faisait un refuge idéal pour son tempérament... jusqu’à ce qu’une rencontre inattendue bouleverse sa routine.
Un jour d’été, alors que la mer était étrangement calme, Émile aperçut une barque approchant avec peine. À son bord : une jeune femme, Marianne, échappée d’un pensionnat voisin, en quête d’aventure et de liberté. Elle avait volé l’embarcation pour voir ce “phare mystérieux” que tous les villageois évitaient. Émile, d’abord furieux, céda à la curiosité, puis à la tendresse.
Pendant trois jours, ils partagèrent des repas frugaux, des récits de mer, des rires étouffés par les pierres. Mais leur idylle ne pouvait durer : l’administration des Phares et Balises découvrit l’intrusion et Émile fut révoqué pour avoir abrité une civile non autorisée.
La presse de l’époque s’empara de l’affaire, qualifiant l’événement de “Romance aux confins du monde”, et Émile devint malgré lui une figure de la passion hors norme. Il finit par s’installer dans un hameau breton, reconverti en horloger, tandis que Marianne publia des poèmes inspirés de leur rencontre.