GARDE PECHE




Le métier de garde-pêche à la Belle Époque en France était à la croisée de la surveillance environnementale, de la police rurale et de la préservation des ressources naturelles. Voici un aperçu de son évolution et de ses fonctions à cette époque :
Le métier de garde-pêche s’inscrit dans la tradition des gardes particuliers, apparus dès l’époque féodale pour protéger les domaines seigneuriaux.
À partir du XVIIIe siècle, les gardes champêtres et forestiers sont reconnus comme officiers de police judiciaire, avec des prérogatives spécifiques pour surveiller la chasse et la pêche.
La loi du 15 avril 1829 officialise la police de la pêche en eau douce, conférant aux gardes-pêche des responsabilités précises.
Fonctions à la Belle Époque (fin XIXe – début XXe siècle)
Surveillance des rivières et étangs pour prévenir le braconnage et les infractions liées à la pêche.
Contrôle des pratiques de pêche : respect des périodes de repos biologique, des tailles minimales de capture, et des engins autorisés.
Rédaction de procès-verbaux en cas d’infraction, transmis au procureur via la gendarmerie.
Éducation et sensibilisation des pêcheurs locaux aux règles de préservation des milieux aquatiques.
Le garde-pêche était souvent assermenté et pouvait être nommé par le maire ou le préfet, selon les cas.
Il portait une plaque officielle et parfois un uniforme, avec le droit de porter une arme pour assurer ses fonctions.
Bien que parfois vu comme un fonctionnaire subalterne, son rôle était crucial dans la gestion des ressources naturelles et la préservation de l’ordre rural.
Sources et anecdotes
Le métier est souvent confondu avec celui de garde-champêtre, mais à la Belle Époque, les deux fonctions étaient distinctes, bien que parfois cumulées dans les petites communes .
Des ouvrages comme le Guide pratique du garde-champêtre (Hallez-D’Arros, XIXe siècle) détaillent les responsabilités liées à la pêche et à la chasse

L’affaire des "truites volées" du canal du Midi (vers 1907)
Dans le Sud-Ouest, un garde-pêche nommé Armand Vabre, reconnu pour sa rigueur et son immense moustache (vraiment légendaire), avait pour mission de surveiller une portion du canal du Midi particulièrement poissonneuse, notamment peuplée de truites fario très convoitées.
Mais un jour, les pêcheurs du coin commencèrent à s’étonner : des truites disparaissaient mystérieusement... et pas une seule trace de braconnage classique.
Aucune ligne, aucun filet retrouvé.
Les poissons disparaissaient la nuit… malgré les rondes du garde.
Le garde dormait étrangement d’un sommeil lourd trop lourd.Le twist rocambolesque :
L’enquête révéla que deux notables du village un pharmacien et un aubergiste faisaient équipe pour organiser des dîners clandestins avec “truite sauvage” au menu… à l’aide d’un système de siphonnage discret depuis une écluse modifiée !
Et le garde Il se faisait inviter à boire un “petit digestif” chaque soir à l’auberge, qui contenait… une dose légère de somnifère ! Assez pour l’empêcher de noter les allées et venues des voleurs de poissons.
Quand l’affaire éclata, les truites devinrent temporairement une “espèce protégée municipale” et Armand, trop gêné, demanda sa mutation en Ariège, où il devint célèbre pour ses patrouilles à dos de mulet.