GARDE CHAMPETRE



À la Belle Époque, le métier de garde champêtre en France incarnait une figure essentielle de la vie rurale, à mi-chemin entre agent de police, surveillant des campagnes et crieur public.
Le rôle du garde champêtre remonte au Moyen Âge, avec des ancêtres appelés messiers ou sergents de verdure, chargés de surveiller les moissons et les territoires de chasse .
Après la Révolution française, la loi du 8 juillet 1795 formalise leur statut : ils deviennent des agents de la force publique, recrutés par les maires et assermentés devant le juge de paix.
À partir du XIX siècle, leur rôle se stabilise et s’élargit, notamment avec la création des brigadiers gardes champêtres en 1809, chargés de coordonner les gardes à l’échelle cantonale.
Surveillance des récoltes et des propriétés rurales : ils veillaient à prévenir les vols, les dégradations et les infractions agricoles.
Police de la chasse et de la pêche : ils contrôlaient les braconniers et les glaneurs, souvent redoutés pour leur rigueur .
Maintien de l’ordre : ils rédigeaient des procès-verbaux, arrêtaient les contrevenants et signalaient les délits au maire ou à la gendarmerie.
Tâches annexes : souvent utilisés comme crieurs publics, tambour à la main, pour annoncer les décisions municipales
Profil et statut
Le garde champêtre devait être instruit, savoir lire et écrire, et être en bonne condition physique.
Il portait un uniforme distinctif : bicorne, plaque métallique avec l’inscription « La loi », et parfois un sabre ou un fusil.
Malgré leur importance, ils étaient souvent mal rémunérés, et leur fonction pouvait être temporaire ou saisonnière, notamment pendant les récoltes.
Leur image oscillait entre respect et dérision : certains étaient vus comme des piliers de l’ordre rural, d’autres comme des personnages folkloriques, parfois caricaturés dans la littérature et les récits populaires

Le mystère des poules disparues
Dans un petit village du Lot vers 1905, plusieurs fermiers se plaignent de la disparition inexpliquée de leurs poules. Le garde champêtre, nommé Adolphe, un vieux briscard à moustache tombante, mène l’enquête avec ses outils rudimentaires : flair paysan, carnet en cuir, et beaucoup de patience. Chaque matin, il parcourt les chemins creux, interroge les anciens, inspecte les poulaillers... jusqu’au jour où il remarque que les poules volées avaient toutes été nourries au maïs fermenté une astuce rare à l’époque.
Son instinct le pousse vers une masure à l’orée du bois. Là, il découvre une étrange scène : un jeune vagabond cuisine des poules dans un chaudron... avec du maïs fermenté. Le coupable est confondu par les grains ! Le garde, tout fier de sa trouvaille, fait le tour du village pour raconter comment “le grain a trahi le voleur”.
L’histoire devient légendaire dans le canton on parle encore du “garde au grain” dans les veillées d’hiver.