GAINIER



Le métier de gainier à la Belle Époque en France était un artisanat raffiné, héritier d’une longue tradition remontant au Moyen Âge. Voici un aperçu de son évolution et de son rôle à cette époque :
Le métier de gainier remonte au règne de Louis IX, avec la création d’une corporation en 1323.
À partir du XVIe siècle, les gainiers rivalisent avec les relieurs pour l’usage des fers à dorer, ce qui témoigne de leur savoir-faire ornemental.
Le métier connaît un essor notable au XIXe siècle, notamment vers 1830, grâce à la demande croissante d’écrins et d’étuis pour les industries de luxe.
Activités à la Belle Époque
Le gainier fabrique et habille de cuir des objets tels que :
Écrins, fourreaux, coffrets, articles de bureau, meubles
Utilise des cuirs précieux comme le maroquin, le chagrin, le galuchat
Orne ses créations de dorures au fer, parfois très élaborées
À la Belle Époque, les gainiers sont prisés par les maisons de luxe pour leur capacité à allier esthétique et fonctionnalité.
Ils travaillent souvent dans des ateliers spécialisés, notamment dans des quartiers comme le faubourg Saint-Antoine à Paris, haut lieu de l’artisanat.
Des artisans renommés comme Jehan Raymond ou Bernard Rosenblum ont marqué le métier au tournant du XXe siècle.

Le gainier et le scandale du collier volé
Dans les années 1900, un célèbre gainier parisien, réputé pour ses écrins luxueux destinés aux maisons de joaillerie de la place Vendôme, aurait été involontairement mêlé à une affaire de vol rocambolesque. Un écrin somptueux, conçu pour un collier de diamants destiné à une actrice en vogue du théâtre de l’Opéra-Comique, fut livré… vide.
Le collier, d’une valeur astronomique, avait été discrètement subtilisé avant la livraison, et l’écrin, parfaitement intact, fut présenté à la cliente avec tous les honneurs.
L’actrice, croyant à une mauvaise plaisanterie, fit un scandale public, accusant la maison de joaillerie de tentative d’escroquerie.
L’enquête révéla que le voleur était un apprenti gainier, fasciné par les bijoux qu’il manipulait chaque jour. Il avait réussi à ouvrir l’écrin sans laisser de trace, subtiliser le collier, et le remplacer par un faux fond en velours.
L’affaire fit les choux gras des journaux à sensation, et le jeune homme fut surnommé “le Houdini du cuir”. Il fut arrêté, mais certains racontent qu’il aurait revendu le collier à un collectionneur russe et vécu ses jours en exil à Odessa.