FOURREUR




Le métier de fourreur à la Belle Époque en France était bien plus qu’un artisanat : c’était un symbole de luxe, de savoir-faire et d’élégance. Voici un aperçu de son histoire et de son importance à cette
période :
Le métier de fourreur remonte à l’Antiquité, mais c’est au Moyen Âge que les corporations de pelletiers et fourreurs s’organisent en métiers distincts.
À la Belle Époque (fin XIXe – début XXe siècle), la fourrure devient un élément central de la mode féminine, portée comme manteaux, étoles, manchons et garnitures .
Le fourreur travaille à partir de peaux préparées par le pelletier et l’apprêteur, puis les transforme en pièces de vêtement.
Le travail du fourreur implique plusieurs étapes : dressage, clouage, coupe, couture, et parfois teinture ou allonge (assemblage en lamelles en V).
Les peaux utilisées incluent le castor, vison, zibeline, chinchilla, renard, hermine, et même le petit-gris (écureuil) .
Statut social et mode
La fourrure est un marqueur de statut social : réservée autrefois à la noblesse, elle devient accessible à la bourgeoisie grâce à l’industrialisation .
Des maisons prestigieuses comme Revillon, Storch, Jungmann dominent le marché à Paris vers 1900.
Les fourrures françaises sont exportées et réputées dans le monde entier, notamment grâce à des expéditions dans le Nord du Canada pour obtenir des peaux rares.
Le savoir-faire du fourreur est aujourd’hui reconnu comme patrimoine culturel immatériel en France, notamment à Périgueux.
Ce métier incarne une tradition artisanale exigeante, mêlant esthétique, technique et histoire sociale.

Le fourreur et la cocotte : une alliance sulfureuse
À Paris, vers 1905, un célèbre fourreur de la rue de la Paix haut lieu de l’élégance — s’était fait une réputation non seulement pour ses manteaux somptueux, mais aussi pour ses relations très étroites avec les demi-mondaines, ces femmes entretenues par la haute société. L’un de ses modèles les plus prisés, une cape en zibeline doublée de soie rose, était surnommée "La Tentation", car elle aurait été offerte à une célèbre cocotte en échange de son silence sur une liaison avec un ministre influent.
Cette cocotte, connue sous le pseudonyme de "La Marquise de l’Étoile", faisait tourner les têtes dans les salons et les cabarets. Le fourreur, flairant l’aubaine, lui proposa de devenir égérie officieuse de sa maison. Elle apparaissait dans les journaux mondains vêtue de ses créations, et les commandes affluaient. Mais l’affaire prit une tournure croustillante lorsque la femme du ministre reconnut la cape dans une caricature publiée dans Le Rire… et fit un scandale dans les cercles politiques.
Le fourreur gagna en notoriété, la cocotte en pouvoir, et le ministre… en migraines. L’histoire fit les délices des salons parisiens, et la cape "La Tentation" devint un symbole de séduction et de scandale.