FOSSOYEUR


Le métier de fossoyeur à la Belle Époque en France était à la fois essentiel et empreint de mystère. Voici un aperçu de son évolution et de son rôle à cette période charnière :
Origines anciennes : Le rôle du fossoyeur remonte à l’Antiquité, mais c’est au Moyen Âge et surtout après les grandes épidémies que sa fonction devient cruciale.
Professionnalisation : À la Belle Époque (fin XIXe – début XXe siècle), le métier se structure davantage. Les fossoyeurs sont souvent employés par les municipalités ou les paroisses, avec des tâches codifiées et une reconnaissance croissante .
Creusement des tombes : À l’époque, cela se faisait principalement à la main, avec une connaissance fine du sol et des saisons.
Entretien des cimetières : Ils veillaient à la propreté, à la gestion des allées et à la préservation des monuments funéraires.
Participation aux rites funéraires : Le fossoyeur assistait parfois aux cérémonies, incarnant une figure discrète mais respectée du deuil collectif.
Statut social et perception
Métiers marginalisés : Malgré leur utilité, les fossoyeurs étaient souvent perçus avec une certaine distance sociale, en raison de leur proximité avec la mort.
Figures culturelles : Le fossoyeur apparaît dans la littérature et les arts comme un personnage symbolique, notamment dans des œuvres comme Hamlet ou les chansons de Brassens .
Début de la mécanisation : Vers la fin de la Belle Époque, certaines communes commencent à introduire des outils plus modernes, mais le savoir-faire artisanal reste dominant.
Réglementation : Des normes d’hygiène et de sécurité commencent à encadrer le métier, notamment avec l’urbanisation croissante et les préoccupations sanitaires.

Le fossoyeur et le cercueil trop bavard
Dans les années 1900, à Montmartre, un fossoyeur du cimetière Saint-Vincent aurait été surpris par des bruits étranges provenant d’un cercueil fraîchement enterré. Pris de panique, il aurait alerté le gardien, persuadé qu’il s’agissait d’un cas de "mort apparente" une peur bien réelle à l’époque, où l’on craignait d’être enterré vivant. On raconte que le cercueil fut exhumé en urgence… pour découvrir qu’un chat s’y était faufilé avant la mise en terre, provoquant les grattements et miaulements qui avaient affolé le fossoyeur.
Cette histoire, relayée dans les journaux à sensation de l’époque, aurait alimenté les fantasmes autour des enterrements prématurés, poussant certaines familles à exiger des cercueils munis de clochettes ou de tubes d’aération une pratique qui a bel et bien existé !