FILOTIER



Le métier de filotier à la Belle Époque en France
Le filotier était un artisan spécialisé dans la fabrication de filets, principalement pour la pêche, mais aussi pour d'autres usages comme les filets de protection ou de sport. Ce métier, bien que discret, jouait un rôle essentiel dans les économies locales, notamment dans les régions côtières et fluviales.
Le mot filotier vient du mot fil, soulignant le lien avec le tissage et le travail du fil.
Le filotier pouvait être :
Fabricant de filets de pêche : pour les marins, pêcheurs et industries halieutiques.
Petit commerçant de fil : vendant du fil à coudre ou à broder dans les marchés ou boutiques.À la
Belle Époque (1890–1914)
Cette période est marquée par une croissance économique, des innovations techniques et une effervescence culturel .
Le métier de filotier s’inscrivait dans une France encore très artisanale, où les petits métiers étaient nombreux et valorisés.
Les filotiers travaillaient souvent à domicile ou dans de petits ateliers, parfois en famille, perpétuant des savoir-faire manuels.
Le développement du commerce maritime et fluvial renforçait la demande en filets, notamment dans les ports de l’Atlantique et de la Méditerranée.
Le métier était surtout présent dans les zones côtières (Bretagne, Normandie, Provence) et près des grands fleuves.
Une cartographie historique montre que le métier a été pratiqué de manière continue entre 1600 et 1950, avec un pic d’activité autour de la Belle Époque.
Techniques et outils
Utilisation de métiers à tisser manuels adaptés aux filets.
Travail avec différents types de fil : lin, chanvre, coton.
Connaissance des nœuds spécifiques pour la solidité et la fonctionnalité des filets.
Métier modeste mais respecté, souvent exercé par des femmes ou des familles entières.
Avec l’industrialisation, le métier a progressivement décliné au profit de la production mécanisée.
Aujourd’hui, il subsiste surtout dans l’artisanat traditionnel ou comme activité patrimoniale.

Dans les années 1900, à Boulogne-sur-Mer, un filotier du nom de Léonard G. était réputé pour ses filets si fins qu’on disait qu’ils pouvaient attraper les poissons avant même qu’ils ne décident de nager. Un jour, un riche bourgeois parisien, amateur de pêche et de mondanités, lui commande un filet sur mesure pour une démonstration lors d’un bal costumé… sur le thème de la mer.
Léonard, flairant l’occasion, tisse un filet en soie teintée d’azur, orné de perles et de coquillages. Le bourgeois, ravi, l’utilise comme accessoire pour capturer les cœurs plutôt que les poissons. Mais voilà qu’au bal, une comtesse s’y prend les talons et s’effondre dans les bras du bourgeois. Scandale ! Le filet devient célèbre, Léonard reçoit des commandes de toute la côte, et les journaux titrent : « Le filotier qui pêche l’amour »