FILLE DE JOIE



La Belle Époque (environ 1890–1914) fut une période de contrastes saisissants pour les « filles de joie » en France entre glamour apparent et réalité sociale souvent dure. Voici un aperçu de leur histoire à cette époque :
Tolérance encadrée : La prostitution était légale mais strictement réglementée. Les femmes de maison close étaient fichées par la police des mœurs et soumises à des examens médicaux réguliers pour limiter la propagation de maladies comme la syphilis .
Maisons closes : Ces établissements étaient discrets, souvent avec volets fermés, et les femmes n’avaient pas le droit de sortir seules. Elles étaient surveillées et cloîtrées, parfois pendant des années.
Soumises vs insoumises : Les « soumises » étaient enregistrées et contrôlées, tandis que les « insoumises » pratiquaient clandestinement et risquaient la prison.
Servitude par la dette : Beaucoup de femmes entraient dans une maison close pour rembourser une dette, croyant pouvoir en sortir rapidement. Mais les frais (logement, nourriture, examens) rendaient cette sortie presque impossible.
Routine monotone : Malgré les images de luxe et de fête, la vie dans les maisons closes était répétitive, enfermée, et souvent marquée par l’ennui et la résignation.
Statut social : Une fois fichée, une femme était stigmatisée. Même avec un fiancé prêt à l’épouser, il était difficile de se « désencarter » et de redevenir une femme « honnête » aux yeux de la société bourgeoise
Représentation culturelle
Fantasmée et marginalisée : Les filles de joie fascinaient autant qu’elles effrayaient. Des écrivains comme Zola (avec Nana) les ont représentées comme des figures à la fois puissantes et destructrices.
Icônes de la nuit parisienne : Certaines courtisanes, appelées « cocottes » ou « demi-mondaines », devenaient célèbres dans les cabarets comme le Moulin Rouge, incarnant une forme de liberté provocante.
Changements progressifs : Dès 1904, des dispensaires gratuits apparaissent pour les prostituées, amorçant une approche plus humanisée. En 1946, la loi Marthe Richard abolit la prostitution réglementée en France.

De la misère à la splendeur Valtesse, née Louise Delabigne, commence sa vie dans la pauvreté. Adolescente, elle est contrainte de se prostituer pour survivre. Mais elle ne se contente pas de vendre son corps : elle vend du rêve. Grâce à son intelligence et son flair, elle gravit les échelons du demi-monde parisien, fréquentant artistes, écrivains et aristocrates.
Muse et manipulatrice Elle devient la maîtresse de plusieurs hommes influents, dont le peintre Édouard Manet et l’écrivain Émile Zola. Ce dernier s’inspire d’elle pour créer le personnage de Nana, dans son roman éponyme. Valtesse, piquée au vif par cette représentation peu flatteuse, décide de publier ses propres mémoires pour rétablir sa version des faits.
Un palais pour une cocotte Avec sa fortune, elle se fait construire un hôtel particulier digne d’une princesse, rempli d’œuvres d’art et de meubles somptueux. Elle y reçoit l’élite parisienne, tout en gardant le contrôle de son image et de ses finances. Elle incarne la cocotte qui ne se laisse pas dompter, une femme libre dans un monde qui voulait la réduire à un numéro.