FERRAILLEUR


Le métier de ferrailleur à la Belle Époque en France
À la Belle Époque (environ 1880–1914), le métier de ferrailleur marchand de ferraille occupait une place modeste mais essentielle dans l’économie urbaine et industrielle. Voici un aperçu de son rôle et de son évolution à cette période :
La Belle Époque est marquée par une croissance industrielle, une urbanisation rapide et une explosion des innovations technologiques.
Paris et les grandes villes françaises voient se multiplier les chantiers, les usines, les voies ferrées et les infrastructures modernes.
Cette dynamique crée une forte demande en matériaux métalliques, tout en générant des déchets métalliques à recycler.
Le ferrailleur récupérait, achetait et revendait des objets métalliques usagés : outils cassés, pièces de machines, ustensiles, rails, clous, etc.
Il jouait un rôle dans le recyclage informel avant l’institutionnalisation du traitement des déchets.
Souvent ambulant, il parcourait les rues avec une charrette ou un sac, négociant avec les particuliers ou les petits ateliers.
Profil social
Métier souvent exercé par des personnes modestes, parfois en marge du système économique officiel.
Peu réglementé, il offrait une forme d’autonomie économique à ceux qui n’avaient pas accès aux métiers qualifiés.
Le ferrailleur pouvait aussi être perçu comme un bricoleur ingénieux, capable de redonner vie à des objets abandonnés.
Avec l’essor des usines de traitement des métaux et la professionnalisation du recyclage, le métier de ferrailleur a évolué vers des formes plus structurées.
Aujourd’hui, il est souvent intégré dans les filières de gestion des déchets ou de récupération industrielle.

Le coup de maître de "Tondu Marcel", ferrailleur à Montreuil vers 1905 Tondu Marcel, ainsi surnommé pour sa calvitie précoce et son habitude de se laver à l’essence, était un ferrailleur réputé pour ses trouvailles insolites. Un matin d’hiver, alors qu’il fouillait les décombres d’un ancien entrepôt du chemin de fer, il tomba sur une caisse de vieux tuyaux de cuivre, oubliée depuis la Commune de Paris. Ni une ni deux, Marcel les revendit à un fabricant de lampes d’art nouveau, se faisant passer pour un fournisseur officiel "des surplus du ministère".
Ce qui devait être une vente discrète devint une affaire publique quand l'acheteur, fier de la provenance des matériaux, l'annonça dans Le Petit Journal. Tondu Marcel fut brièvement arrêté pour trafic de biens abandonnés, mais relâché faute de preuves... et devint une figure locale. On disait que ses tuyaux ornaient même les lampes du Moulin Rouge.