FERBLANTIER




Le métier de ferblantier à la Belle Époque en France À la Belle Époque (fin XIXe – début XXe siècle), le métier de ferblantier était un artisanat en pleine mutation, entre tradition manuelle et industrialisation croissante.
Artisan spécialisé dans la fabrication et la vente d’objets en fer-blanc, un acier doux recouvert d’une fine couche d’étain.
Produisait des ustensiles ménagers : casseroles, bassines, lanternes, arrosoirs, boîtes de conserve .
Travaillait aussi le zinc, l’acier et le cuivre, selon les régions et les usages.
Le procédé de fabrication du fer-blanc aurait été inventé en Bohême au XVe siècle.
Colbert, au XVIIe siècle, fit venir des ouvriers allemands pour fonder la première fabrique française à Beaumont dans le Nivernais.
Le métier se pratiquait encore dans de petits ateliers familiaux, notamment dans des régions comme le Pays du Gier et la Loire.
Certains ferblantiers étaient ambulants, se déplaçant avec leur charrette pour vendre ou réparer des objets.
La production s’est diversifiée : lampes à huile, cafetières, ustensiles de cuisine, pièces pour la poêlerie et la quincaillerie.
L’arrivée de la Révolution industrielle a transformé le métier : machines, usines, et sous-traitants ont remplacé peu à peu l’artisanat pur.
Malgré cela, le ferblantier forgeur travaillant chez lui avec sa famille restait compétitif, notamment dans des villes comme Saint-Martin-la-Plaine.
L’essor de la conserve alimentaire au XIXe siècle a fortement stimulé la demande en ferblanterie.

Le ferblantier du boulevard et la boîte à secrets
En 1903, à Paris, un certain Émile Vautrin, ferblantier de son état, tenait boutique près du boulevard de Sébastopol. Artisan discret mais rusé, il avait mis au point un système ingénieux : des boîtes de conserve à double fond, capables de dissimuler des lettres, bijoux ou même des documents compromettants. Officiellement, il les vendait comme “boîtes à sardines de luxe”.
Mais voilà qu’un jour, un client un peu trop nerveux oublie une boîte dans l’atelier. Curieux, Émile l’ouvre… et découvre des plans militaires volés ! Pris de panique, il alerte un ami journaliste, qui fait éclater l’affaire dans Le Petit Journal. Résultat : un scandale d’espionnage éclate, impliquant un diplomate autrichien, une danseuse du Moulin Rouge, et un certain “Monsieur X” qui se révélera être un agent double.
Émile, lui, devient malgré lui le ferblantier le plus célèbre de Paris, et ses boîtes à double fond deviennent l’objet d’une mode passagère dans les cercles bohèmes. On raconte même que Colette en possédait une, garnie de lettres d’amour secrètes…