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  L'enlumineur à la Belle Époque : entre tradition et renaissance

 

À la Belle Époque (fin XIXe – début XXe siècle), le métier d’enlumineur en France n’était plus au sommet de sa gloire médiévale, mais il connaissait une forme de renaissance artistique, portée par le goût du passé et le mouvement des arts décoratifs.

 

Origines et évolution

 

Le métier à la Belle Époque

 

Héritage et modernité

 

 

 histoire

 

œ L’affaire des Lettres dorées au Café Procope

En 1898, un enlumineur du nom d’Armand Lussac, descendant d’une lignée d’artisans médiévaux, avait élu domicile dans le Quartier Latin de Paris. Bien qu’il fût l’un des rares à encore pratiquer l’art des manuscrits enluminés à la main une rareté à une époque dominée par l’impression il jouissait d’une clientèle fortunée et excentrique, notamment des bibliophiles et des écrivains.

Un soir, lors d’un dîner animé au Café Procope, Armand se vante d’avoir découvert une encre dorée dont la formule serait inspirée des alchimistes florentins. Intrigués, plusieurs membres de la haute société lui commandent des poèmes et des lettres décorées à l’or, à offrir à leurs amours secrètes. Mais voici la tournure rocambolesque...

Quelques semaines plus tard, des clients reviennent furieux : l’encre dorée s’efface à la lumière du soleil et laisse… une odeur d’oignon ! Il s’avéra qu’Armand avait mélangé de la poudre d’or avec un liant à base d’extrait d’oignon et d’huile de lin en croyant que cela renforcerait l’éclat tout en préservant le papier. Raté.

Plutôt que de fuir le scandale, Armand transforme l’affaire en publicité : il vend désormais ses lettres comme « éphémères et parfumées pour les amours fugaces mais piquantes ». Ironiquement, sa popularité grimpa et ses lettres devinrent un must dans les cercles libertins de Montmartre.

 

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