EGOUTTIER




Le métier d’égouttier à la Belle Époque : entre technique, bravoure et fascination
À la Belle Époque (1890–1914), le métier d’égouttier en France, et particulièrement à Paris, était bien plus qu’un simple travail d’entretien souterrain. Il incarnait un mélange de prouesse technique, de service public essentiel et de mystère urbain.
Sous le Second Empire et la Troisième République, Paris développe un vaste réseau d’égouts, considéré comme un triomphe de l’ingénierie moderne.
Ce réseau permet non seulement l’évacuation des eaux usées mais aussi l’irrigation de champs et la régulation de l’hygiène urbaine.
Les égouttiers travaillent dans des conditions extrêmes : obscurité, humidité, gaz toxiques, et parfois même rats et inondations.
Le métier exigeait une grande résistance physique et mentale. Les égouttiers étaient souvent perçus comme des hommes robustes, courageux et solidaires.
Ils formaient un corps professionnel soudé, avec un esprit d’entraide et une forte identité ouvrière.
Leur travail était reconnu comme essentiel à la santé publique, mais aussi entouré d’une certaine fascination populaire.
Représentations sociales et culturelles
À la Belle Époque, les égouts deviennent un phénomène culturel : ils apparaissent dans la littérature, les journaux et même les visites guidées pour les curieux.
Les égouttiers sont parfois décrits comme des héros du quotidien, incarnant la modernité et la transformation urbaine.
Leur image oscille entre respect et marginalité, entre invisibilité sociale et reconnaissance symbolique.
Les égouttiers participent activement aux mouvements syndicaux et aux luttes sociales du début du XXe siècle.
Leur métier devient un symbole de la dignité ouvrière et de la revendication pour de meilleures conditions de travail.

À la Belle Époque, les égouts de Paris étaient un véritable labyrinthe souterrain, et les égouttiers y croisaient parfois des créatures inattendues. En 1907, dans le quartier de Montmartre, un égouttier nommé Baptiste “le Blaireau” fit une découverte qui fit le tour des cafés parisiens : un cochon vivant dans les égouts, bien nourri et étonnamment propre.
Ce cochon, surnommé “Monsieur Porcinet”, avait été volé d’une boucherie quelques mois plus tôt. Le voleur, un jeune vagabond débrouillard, l’avait caché dans une chambre de visite désaffectée, où il l’élevait en secret. Il descendait chaque nuit avec des restes de légumes volés aux Halles, et avait même construit une petite porcherie souterraine avec des planches récupérées.
Quand Baptiste découvrit Porcinet, il crut d’abord à une hallucination due aux vapeurs d’égout. Mais après avoir alerté ses collègues, ils organisèrent une “opération sauvetage” digne d’un roman de Jules Verne. Le cochon fut remonté à la surface, le voleur arrêté… et Porcinet devint la mascotte du service des égouts