EBOUEUR



À la Belle Époque, le métier d’éboueur en France était en pleine transformation, marqué par l’essor de l’hygiène publique et les débuts de la gestion moderne des déchets.
La Belle Époque (fin XIXe – début XXe siècle) est une période de croissance urbaine, d’industrialisation et de préoccupations croissantes pour la santé publique.
Les villes, notamment Paris, deviennent plus peuplées, ce qui entraîne une accumulation de déchets et une nécessité de les gérer efficacement.
Avant l’apparition des éboueurs modernes, les chiffonniers jouaient un rôle clé : ils récupéraient les objets réutilisables dans les déchets urbains.
Les agriculteurs venaient aussi en ville pour collecter les déchets organiques, utilisés comme engrais.
En 1883, le préfet de la Seine, Eugène Poubelle, impose l’usage de récipients à couvercle dans les immeubles parisiens pour collecter les ordures ménagères.
Cette mesure marque le début de la standardisation du ramassage et la naissance du métier d’éboueur tel qu’on le connaît aujourd’hui.Organisation du travail
Les éboueurs suivent des circuits définis dans la ville pour ramasser les déchets, qui sont ensuite acheminés vers des décharges ou des incinérateurs.
Le métier est alors physiquement exigeant, souvent effectué par des personnes immigrées ou précaires, sans statut officiel.
À cette époque, les éboueurs sont exposés à des risques sanitaires et physiques : pollution, blessures, maladies liées aux déchets.
Le métier reste peu valorisé socialement, malgré son importance cruciale pour la propreté urbaine.

Vers 1907, dans le quartier de Montmartre, un groupe d’éboueurs organisait chaque dimanche matin un bal clandestin dans une ancienne remise à charbon. L’entrée ? Un objet insolite trouvé dans les poubelles de la semaine. On y dansait le quadrille, on y buvait du vin de table, et surtout… on y échangeait les potins glanés dans les détritus des riches :
Lettres d’amour déchirées, reconstruites et lues à voix haute.
Robes jetées, recousues et portées fièrement par les compagnes des éboueurs.
Un jour, un éboueur trouva un carnet de rendez-vous d’un député… et le bal devint le théâtre d’un chantage discret.
Ce bal devint si populaire que des artistes bohèmes commencèrent à s’y infiltrer, fascinés par cette “aristocratie des ordures”. Certains peintres y trouvaient même leur inspiration dans les objets récupérés.
Le peintre Jules Lefebvre aurait même dit : “Les poubelles de Paris sont plus sincères que ses salons.”