DOREUR

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 Le métier de doreur en France à la Belle Époque (fin XIXe – début XXe siècle) incarne un art raffiné, hérité de traditions anciennes et adapté aux goûts somptueux de cette période.

 

Origines et évolution du métier

 

Techniques utilisées

 

Formation et reconnaissance

 

Héritage et patrimoine

 

   

 histoire

 

Le doreur du Palais Garnier et le scandale du lustre

Dans les années 1900, un doreur réputé du quartier du Marais, nommé Émile Vautrin, fut engagé pour restaurer les dorures du somptueux lustre du Palais Garnier, l’opéra emblématique de Paris. Ce lustre monumental, pesant plus de 7 tonnes, était orné de feuilles d’or et de cristaux taillés, suspendu au plafond peint par Marc Chagall (plus tard, en 1964).

Mais voilà : lors de la restauration, Vautrin aurait discrètement substitué de véritables feuilles d’or par un alliage doré, tout en facturant le prix du matériau noble. Le pot aux roses fut découvert par un inspecteur du ministère des Beaux-Arts, alerté par une brillance jugée "trop jaune" et "trop uniforme" pour de l’or véritable.

Le scandale éclate

L’affaire fit les choux gras des journaux parisiens, notamment dans Le Petit Journal, qui titra : "Le doreur de l’Opéra pris en flagrant éclat !"

Vautrin fut poursuivi pour escroquerie, mais sa défense fut aussi brillante que ses dorures : il plaida que l’alliage utilisé était plus résistant à la chaleur des lampes à gaz et qu’il avait agi dans l’intérêt de la sécurité publique. Le jury, séduit par son éloquence et son moustache impeccable, le condamna à une amende symbolique.

L’ironie du sort

Quelques années plus tard, le lustre fut modernisé pour l’électricité… et les dorures d’Émile Vautrin tinrent mieux que celles de ses successeurs. Il fut réhabilité dans les cercles d’artisans et surnommé "le doreur visionnaire". 

 

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