DOCUMENTALISTE


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À la Belle Époque, le métier de documentaliste en France était en gestation, bien avant sa reconnaissance officielle. Voici un aperçu de son émergence et de ses racines :
Période marquée par l’essor industriel, les progrès scientifiques et une explosion de la production écrite.
Les bibliothèques et archives se développent, mais la gestion de l’information reste encore artisanale.
Le besoin de structurer, classer et diffuser les connaissances devient crucial dans les milieux scientifiques, industriels et administratifs.
Paul Otlet, pionnier belge, publie en 1895 les bases de la documentation moderne avec la Classification décimale universelle et son Traité de documentation en 1934 .
Suzanne Briet, surnommée Madame Documentation, joue un rôle fondamental dès les années 1930, mais son influence s’enracine dans les pratiques amorcées à la Belle Époque.
Madame Documentation, joue un rôle fondamental dès les années 1930, mais son influence s’enracine dans les pratiques amorcées à la Belle Époque.
Dès les années 1890, des institutions comme la Fédération internationale pour l'information et la documentation (FID) sont créées pour répondre aux besoins croissants d’organisation du savoir.
Les bibliothèques savantes commencent à intégrer des fonctions de renseignement et de classement plus systématiques.
Le terme documentaliste n’est pas encore utilisé à la Belle Époque, mais les fonctions associées (collecte, tri, diffusion de documents) sont exercées par des bibliothécaires, archivistes ou secrétaires spécialisés.
Les femmes jouent un rôle important dans cette évolution, notamment dans les bibliothèques publiques et universitaires.

L’affaire des lettres parfumées En 1907, à Paris, un certain Léon Dupin, archiviste à la prestigieuse bibliothèque de l’Institut de France, découvre un paquet de lettres manuscrites dissimulées dans un recueil de poésie du XVIIIe siècle. Rien d'extraordinaire jusque-là... sauf qu'elles étaient écrites par une célèbre courtisane de l'époque Louis XV, Julie de Saint-Laurent, à un diplomate anglais, et qu'elles étaient encore légèrement parfumées à la violette.
Mais le scandale éclate quand Dupin, un peu trop zélé, décide de publier une sélection des lettres dans un petit journal littéraire. Il pensait faire œuvre de sauvegarde du patrimoine… sauf que les lettres contenaient des révélations intimes sur les rouages de la diplomatie franco-britannique et certains personnages de l’Académie encore bien vivants avaient des arrière-grands-pères un peu trop présents dans ces récits torrides.
Le journal est saisi, Dupin est suspendu temporairement, et il devient malgré lui une figure de la liberté documentaire avant l’heure. Quelques étudiants en bibliothéconomie parlent même aujourd’hui du “syndrome Dupin” : le dilemme entre le devoir de mémoire et le respect de l’intimité historique.