DENTISTE



À la Belle Époque, le métier de dentiste en France connaît une transformation majeure, passant d’une pratique artisanale à une profession médicale reconnue. Voici un aperçu captivant de cette évolution :
Des arracheurs de dents aux chirurgiens-dentistes
Jusqu’au XIX siècle, les soins dentaires étaient souvent réalisés par des barbiers ou des arracheurs de dents itinérants, sans formation médicale formelle.
L’image du dentiste commence à changer avec l’influence de pionniers comme Pierre Fauchard, considéré comme le père de la dentisterie moderne, qui publie en 1728 Le Chirurgien Dentiste, un traité révolutionnaire.
Professionnalisation au XIX siècle
À partir du XVIIIᵉ et surtout du XIX siècle, le métier se structure : des écoles de chirurgie dentaire apparaissent, et les dentistes commencent à être reconnus comme professionnels de santé.
L’usage de l’anesthésie (gaz hilarant, éther, chloroforme) se répand, rendant les soins plus supportables.
La Belle Époque (fin XIX – début XX siècle)
C’est une période de prestige pour les dentistes : ils s’installent dans des cabinets élégants, souvent dans les beaux quartiers, et soignent une clientèle bourgeoise.
Le Figaro publie en 1896 un article intitulé Chez les dentistes, témoignant de leur place dans la société mondaine.
Les dentistes deviennent des figures respectées, parfois même au service de la royauté ou de personnalités influentes.

Vers 1905, un certain Docteur Léon D., dentiste réputé du quartier Pigalle, avait pour clientèle les danseuses du Moulin Rouge et les chanteuses de cabaret. Son cabinet, décoré de velours rouge et de miroirs dorés, était surnommé par les habitués "le boudoir des molaires". Mais ce n’est pas son goût pour le faste qui fit parler de lui…
Un soir, alors qu’il assistait à une représentation, une célèbre meneuse de revue s’effondra sur scène, victime d’une rage de dent foudroyante. Le docteur Léon, en costume queue-de-pie, monta sur scène sous les applaudissements, sortit une pince en or de sa poche et arracha la dent en pleine lumière des projecteurs. La danseuse, soulagée, reprit sa numéro avec un clin d’œil au public.
Le lendemain, Le Petit Journal titrait : "Un dentiste sauve le French Cancan !". L’histoire fit le tour des salons, et le docteur devint une célébrité locale. On disait même qu’il offrait des prothèses incrustées de diamants aux artistes les plus fidèles.