DELAINEUR



Le métier de délaineur à la Belle Époque en France
Le délaineur était un artisan spécialisé dans le traitement de la laine brute, notamment dans l’élimination de la graisse naturelle (le suint) et des impuretés avant le filage. Ce métier, bien que discret, jouait un rôle fondamental dans l’industrie textile française, particulièrement florissante à la Belle Époque (1890–1914).
La Belle Époque fut une période de croissance économique et d’essor industriel en France, notamment dans les secteurs du textile et de la mode.
Les régions comme la Champagne, la Picardie et le Nord abritaient de nombreuses manufactures de laine, où les délaineurs travaillaient en amont du processus de fabrication.
Il intervenait juste après la tonte des moutons pour nettoyer la laine.
Le suint était retiré par des procédés de lavage à l’eau chaude et au savon, parfois avec des produits chimiques rudimentaires.
Ce travail était physique, salissant et souvent effectué dans des conditions difficiles.
Techniques et savoir-faire
Le délaineur devait reconnaître les différentes qualités de laine et adapter le traitement en fonction.
Il collaborait avec les fileurs, les teinturiers et les tisserands pour assurer une matière première de qualité.
Avec l’industrialisation croissante, le métier de délaineur manuel a peu à peu été remplacé par des procédés mécaniques.
Les grandes usines intégrèrent le lavage de la laine dans des chaînes automatisées, réduisant le besoin d’artisans spécialisés.
Ce métier fait partie des "métiers oubliés" qui ont contribué à l’essor de la mode et du luxe français à la Belle Époque.
Il est parfois évoqué dans les archives des corporations ou dans les récits industriels de l’époque.

Le secret de la laine violette
Un délaineur du nom d’Henri Cotrel, réputé pour ses teintures somptueuses, aurait découvert par accident un procédé chimique produisant une teinte violette d’une intensité jamais vue. Cette couleur, en plein engouement Art Nouveau, devint la convoitise de toutes les maisons de couture parisiennes. Mais Henri garda jalousement sa formule, allant jusqu'à l'inscrire dans une lettre codée cachée derrière le mécanisme d'une horloge murale.
Le potin , Son apprenti, fou d’ambition (et de jalousie), aurait séduit la fille d’Henri dans l’espoir d’accéder à l’horloge secrète. Le scandale éclata quand la teinte fut mystérieusement recréée dans les ateliers rivaux de Mulhouse… La fille aurait vendu le secret en échange d’un voyage en Amérique, rêvant d’un destin à la Coco Chanel avant l’heure.