DAME PIPI


Le métier de dame pipi à la Belle Époque : entre hygiène et invisibilité sociale
Le métier de dame pipi ou préposée à l’entretien des toilettes publiques a émergé avec l’urbanisation croissante et les besoins d’hygiène dans les lieux publics à la fin du XIXe siècle. Voici un aperçu de son histoire en France, notamment à la Belle Époque :
La Belle Époque (1870–1914) est une période de modernisation urbaine, notamment à Paris, avec l’essor des cafés, gares, théâtres et grands magasins.
L’apparition des toilettes publiques dans ces lieux a nécessité du personnel pour les entretenir, souvent des femmes issues de milieux modestes.
Elle était chargée de nettoyer les toilettes, de fournir du papier, du savon et parfois des produits d’hygiène ou de parfumerie.
Elle pouvait aussi percevoir un droit d’entrée ou proposer des jetons pour les monnayeurs automatiques.
Le poste était souvent non qualifié, mal rémunéré, et complété par des pourboires laissés dans une soucoupe .
Image sociale et culturelle
Le terme “dame pipi” est devenu une figure populaire, parfois caricaturée dans les films ou les nouvelles.
Ce métier, bien que essentiel, était souvent invisible et peu valorisé, reflétant les inégalités sociales et de genre de l’époque.
Il a inspiré des œuvres comme La Dame pipi de Jacques Richard ou des personnages humoristiques comme Mikeline d’Élie Semoun.
À partir du XXe siècle, le métier a évolué vers des appellations plus neutres comme agent d’accueil et d’entretien.
Avec l’automatisation et la privatisation des toilettes publiques, le métier a connu un déclin progressif, notamment à Paris

Dans les années 1890, au cœur du Paris nocturne, une certaine Clémence Dubois, dame pipi au cabaret Le Chat Noir, était bien plus qu’une gardienne de toilettes. Elle avait l’œil affûté, l’oreille fine, et surtout… une plume acérée. Chaque soir, entre deux lavages de cuvette, elle notait dans un petit carnet les confidences, les disputes et les mots doux échangés dans les alcôves. Ce carnet, surnommé par les habitués Le Journal des Cabinets, devint si populaire que les artistes du cabaret s’en inspiraient pour leurs sketches.
Un soir, un poète ivre, croyant parler à une muse, lui déclama :
« Vous êtes la gardienne de mes secrets les plus liquides. »
Ce à quoi Clémence répondit, sans sourciller :
« Et vous, monsieur, êtes le roi incontesté du lyrisme fuyant. »
La réplique fit le tour de Montmartre, et Clémence fut invitée à monter sur scène pour une lecture humoristique de ses carnets. Elle devint une figure culte du quartier, prouvant que même derrière une porte battante, on pouvait faire vibrer les esprits.