DACTYLOGRAPHE


Origines et essor
Le métier émerge à la fin du XIXe siècle, avec l’invention et la commercialisation des premières machines à écrire aux États-Unis dès les années 1880.
En France, il se développe rapidement pendant la Belle Époque (1871–1914), période de croissance économique et d’essor du secteur tertiaire.
La machine à écrire permet une transcription rapide et lisible des documents, remplaçant peu à peu l’écriture manuscrite dans les bureaux et les administrations.
À ses débuts, le métier est exercé principalement par des hommes, les femmes étant encore peu présentes dans le monde administratif.
Mais dès le début du XXe siècle, les mentalités évoluent : les femmes deviennent majoritaires dans ce métier, qui leur offre une voie d’émancipation professionnelle.
Les dactylographes sont souvent formées dans des écoles spécialisées, apprenant à frapper à l’aveugle avec les dix doigts, une compétence valorisée et parfois même compétitive (des concours de vitesse sont organisés dès 1889
Standardisation et technique
Le clavier AZERTY, adapté à la langue française, devient la norme en France, remplaçant le QWERTY américain.
Les machines françaises comme la TYPO, fabriquée à Saint-Étienne, illustrent l’essor industriel local et la spécialisation du matériel.
Le métier de dactylographe transforme les bureaux : il introduit une nouvelle organisation du travail, influencée par le taylorisme et la recherche de productivité.
Il marque aussi le début de la bureaucratisation moderne, où la rapidité et la lisibilité deviennent des critères essentiels.

Le scandale du « Manuscrit d’Opale » (1907) À Paris, une jeune dactylo nommée Célestine Moreau travaillait dans un cabinet juridique réputé, tapant contrats et courriers avec une dextérité que seuls ses doigts rivalisaient avec sa curiosité. Un jour, alors qu’elle copiait le testament d’un riche industriel récemment décédé, elle découvrit un passage raturé, mentionnant une maîtresse cachée et une fortune dissimulée dans des comptes suisses.
Plutôt que d’ignorer cette pépite, Célestine en fit une copie personnelle sur papier fin, soigneusement glissée dans son corset (l’un des rares endroits où ses collègues masculins n’avaient pas l’audace de fouiller). Avec l’aide d’un jeune journaliste de Montmartre, elle publia anonymement une série d’articles intitulés Le manuscrit d’Opale, dévoilant l’affaire en feuilleton. Les révélations provoquèrent une vague de poursuites judiciaires, des duels entre héritiers, et même des changements dans la législation sur les testaments.
La meilleure partie ? On murmure que Célestine aurait utilisé ses gains pour ouvrir un salon littéraire fréquenté par Colette et Proust…