CRIEUR PUBLIC



À la Belle Époque (environ 1890–1914), le métier de créateur publicitaire en France n’était pas encore formalisé comme aujourd’hui, mais il prenait racine dans un contexte de bouillonnement artistique, industriel et commercial. Voici un aperçu de son évolution :
La Belle Époque est marquée par une croissance économique, une modernisation technique et une explosion de la culture visuelle.
Paris devient le centre mondial de l’art, de la mode et du divertissement, ce qui stimule la demande en communication visuelle.
Les affiches illustrées deviennent un média de masse grâce à l’impression en couleur (lithographie).
Des artistes comme Jules Chéret, Henri de Toulouse-Lautrec ou Alphonse Mucha créent des affiches pour des théâtres, cabarets, produits de consommation et expositions universelles.
Ces affiches ne sont pas seulement informatives : elles sont esthétiques, audacieuses et narratives, posant les bases du métier de créateur publicitaire.Le rôle du créateur publicitaire
À cette époque, le créateur publicitaire est souvent un affichiste, un illustrateur ou un graphiste avant l’heure.
Il collabore avec des imprimeurs, des commerçants ou des agences naissantes pour concevoir des visuels accrocheurs.
Le métier mêle art et commerce, avec une forte influence des mouvements comme l’Art nouveau.
Des concours d’affiches sont organisés, et certaines œuvres sont exposées dans des galeries ou saluées par la critique.
Le métier commence à se professionnaliser, notamment avec la création de revues spécialisées et écoles d’art appliqué.Héritage
La Belle Époque a jeté les bases de la publicité visuelle moderne.
Le créateur publicitaire devient peu à peu un acteur clé dans la stratégie commerciale, ouvrant la voie aux agences de publicité du XXe siècle.

À Paris, vers 1905, un certain Gaston "à grande gueule", crieur public réputé pour sa voix tonitruante et son verbe incisif, faisait trembler les rues du Quartier Latin. Chargé d'annoncer les dernières nouvelles du journal Le Petit Parisien, il se postait chaque matin devant le café de Flore, là où artistes, écrivains et étudiants se retrouvaient. Mais Gaston ne se contentait pas de crier les titres : il les interprétait avec panache, les agrémentant de commentaires caustiques et de dialogues inventés, transformant les faits divers en véritables feuilletons vivants.
Un jour, il clama avec fougue :
"Incroyable vol chez le comte de Verville ! Des bijoux, disparus comme par magie. À croire que même les fantômes ont des goûts de luxe !" Et avant même que les badauds n’aient le temps de réagir, il ajouta : "Mais entre nous, avec ses maîtresses et ses dettes de jeu, c’est peut-être le comte lui-même qui a planqué les diamants au fond de sa cave !"
Le crieur avait tellement de succès que les gens venaient écouter les nouvelles plus pour lui que pour le journal. Certains commerçants lui offraient des croissants pour qu’il s’installe près de leurs vitrines sa présence garantissait l’affluence. Finalement, les journalistes eux-mêmes commencèrent à lui glisser des scoops, sachant qu’avec Gaston, l’info ne passerait jamais inaperçue.