CRESPINIER

 crespinier

 caricature

 

  Le métier de crespinier est aujourd’hui largement tombé dans l’oubli, et même à la Belle Époque (environ 1890–1914), il était déjà en voie de disparition ou de transformation. Le terme « crespinier » désignait autrefois un artisan spécialisé dans la fabrication de crêpes de soie ou de crêpes de laine, des tissus fins et légèrement gaufrés utilisés notamment pour les vêtements féminins, les voiles, ou les ornements religieux.

 

Origine et évolution du métier

 

    Le mot « crespinier » vient du vieux français crespe, qui signifie « frisé » ou « ondulé », en référence à la texture du tissu.

    Ce métier était lié à l’artisanat textile, très développé en France dès le Moyen Âge, notamment dans des villes comme Lyon, Reims ou Rouen.

    À la Belle Époque, l’industrie textile s’est fortement mécanisée, et les métiers manuels comme celui de crespinier ont été absorbés par les manufactures.

 

Le contexte de la Belle Époque

 

    Cette période est marquée par une croissance industrielle, une modernisation des techniques, et une urbanisation rapide.

    Les métiers artisanaux traditionnels ont souvent été remplacés par des ouvriers spécialisés dans les usines textiles.

    Le tissu crêpe, autrefois fabriqué à la main, était désormais produit en série pour répondre à la demande croissante de la mode parisienne.

 

Le crêpe dans la mode

 

    Le crêpe de soie était très prisé pour les robes de soirée, les voiles de deuil, et les accessoires élégants.

    Les maisons de couture comme Worth ou Doucet utilisaient ce tissu pour leurs créations, contribuant à sa popularité.

 

Disparition du métier

 

    Le crespinier, en tant qu’artisan indépendant, a disparu avec l’essor de l’industrie textile.

    Le savoir-faire s’est transmis à travers les écoles de tissage ou a été intégré dans les grandes

  

histoire

 

Le bal des faux crêpes à Lyon, 1903 À l’époque où les crespiniers artisans spécialisés dans la fabrication de crêpe de soie faisaient la fierté des soyeux lyonnais, une affaire fit grand bruit dans les salons bourgeois. Un certain Émile V., crespinier réputé du quartier de la Croix-Rousse, fut accusé d’avoir vendu à une maison de couture parisienne des étoffes prétendument en crêpe de soie… qui s’avérèrent être un mélange douteux de coton et de viscose, teinté à la main dans sa baignoire personnelle.

Le scandale éclata lors d’un bal costumé au Moulin Rouge, où plusieurs dames de la haute société virent leurs robes se décolorer sous l’effet de la chaleur et de la sueur. L’affaire fut relayée dans les journaux satiriques, qui surnommèrent les robes « les crêpes flambées de Lyon ». Émile, bien que ruiné, gagna une certaine notoriété dans les cercles bohèmes, et ses étoffes furent ensuite prisées par les costumiers de théâtre pour leur effet dramatique imprévu.

 

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