COUVREUR



Le métier de couvreur à la Belle Époque en France était à la croisée de la tradition artisanale et des débuts de la modernisation. Voici un aperçu captivant de son évolution et de son rôle à cette époque :
Le métier de couvreur remonte à l’Antiquité, mais c’est au XIXe siècle, avec l’essor des villes et des techniques, qu’il prend une forme plus structurée.
À la Belle Époque (fin XIXe – début XXe siècle), les couvreurs travaillaient principalement avec l’ardoise, la tuile en terre cuite, le plomb et parfois le chaume selon les régions .
L’arrivée des feuilles de métal (zinc, cuivre) a transformé le métier, obligeant les couvreurs à collaborer avec les plombiers-zingueurs, intégrés officiellement au corps de métier en 1911.
Les couvreurs utilisaient des outils spécifiques comme :
L’essette (marteau de couvreur) pour tailler et clouer l’ardoise
L’enclume pour appuyer les ardoises pendant la découpe
Le tire-clou pour retirer les clous sans casser les matériauxOrganisation du métier
Le métier était régi par des corporations avec des règles strictes :
Apprentissage de 6 ans, dont 3 avant de monter sur les toits
Réalisation d’un chef-d’œuvre pour devenir maître couvreur
Les chantiers devaient être signalés par une croix ou un tissu coloré pour prévenir les passants
Les couvreurs faisaient partie du compagnonnage, une tradition artisanale valorisant le savoir-faire et la transmission.
Certains signaient leur travail en taillant des emblèmes dans les ardoises : marteau, compas, initiales
À la Belle Époque, les toitures devenaient aussi un élément esthétique : ardoises colorées, motifs géométriques, lucarnes décoratives.
Le couvreur contribuait à l’identité visuelle des villes, notamment à Paris et dans les grandes cités provinciales
Le travail était physique et dangereux : grimper sur les toits sans harnais moderne, souvent par tous les temps.

Le couvreur et le comte volage
À Paris, vers 1905, un couvreur du nom de Léon travaillait sur les toits d’un hôtel particulier du 8e arrondissement. Ce bâtiment appartenait à un comte réputé pour ses escapades galantes. Un matin, alors que Léon réparait une lucarne, il aperçut le comte sortir précipitamment par une porte dérobée du grenier, suivi de près par une jeune femme en robe de soirée… et par la comtesse, furieuse, armée d’un parapluie.
Pris au cœur de ce vaudeville improvisé, Léon, perché sur son échafaudage, lança avec malice : « Si vous voulez que ça tienne, mon comte, il va falloir réparer plus que la toiture ! »