COUTURIERE





Le métier de couturière à la Belle Époque en France était bien plus qu’un simple travail d’aiguille c’était un univers social, artistique et économique à part entière. Voici un aperçu de son évolution et de son rôle dans la société :
Origines artisanales : Dès le XVIIe siècle, les couturières commencent à se structurer en corps de métier, obtenant des droits pour confectionner des vêtements féminins.
Industrialisation : Au XIXe siècle, la révolution industrielle bouleverse la couture. Les femmes quittent les campagnes pour travailler dans les usines textiles, souvent dans des conditions très dures.
Machine à coudre : L’arrivée de la machine Singer en 1851 permet aux femmes de travailler à domicile, mais aussi intensifie leur charge de travail.
Parisiennes élégantes : On comptait jusqu’à 80 000 couturières à Paris, souvent jeunes et célibataires, travaillant dans des mansardes pour les maisons de haute couture.
Travail à la pièce : Elles étaient payées selon le nombre de vêtements réalisés, souvent sous pression et avec peu de sécurité.
Conditions de travail : Les couturières étaient souvent sous-payées et exclues des syndicats. Elles ont dû se battre pour leurs droits, notamment lors des grèves de 1917 qui ont mené à la semaine anglaise.
Éducation et transmission : La couture faisait partie de l’éducation des filles dès le plus jeune âge, et les femmes transmettaient leur savoir de génération en génération.
Artisanat et mode : Les couturières ont façonné l’image de la femme française élégante, tout en restant dans l’ombre des grands noms de la mode.
Rôle social : Elles accompagnaient les grands moments de la vie (naissance, mariage, deuil) par leurs créations.
Émancipation et précarité : Certaines, comme Coco Chanel, ont utilisé la couture comme tremplin vers l’indépendance. D’autres, hélas, sombraient dans la pauvreté ou la prostitution en cas de chômage

Au tournant du XXe siècle, dans les salons feutrés de Paris, une couturière du nom de Lucienne Delarue faisait fureur parmi les dames de la haute société. Mais derrière ses jupons en dentelle et ses corsets ajustés se cachait une révolution discrète.
Lucienne, fine stratège et brillante créatrice, avait commencé à modifier la structure des corsets de ses clientes… non pas pour accentuer leur taille, mais pour leur permettre de respirer. Une hérésie à l’époque, où le corset devait sculpter sans pitié ! En douce, elle remplaçait les baleines en acier par des structures plus souples en corne et en tissu cousu main le tout sans que leurs maris ne s’en aperçoivent.
Résultat : ses clientes pouvaient danser plus librement aux bals mondains, certaines allant jusqu’à participer secrètement à des cercles féministes… dans des tenues signées Lucienne.
Mais le croustillant ? Un soir de gala, la duchesse de La Roche-Mesnil, vêtue d’un de ces corsets "rebelles", s’évanouit… non pas par manque d’air, mais parce qu’elle avait pris la fuite à travers les jardins pour retrouver un amant caché dans les serres grâce au confort de sa tenue !
L’affaire fit grand bruit, mais Lucienne en sortit grandie : elle devint la couturière attitrée d’un cercle discret de femmes indépendantes qui l’appelaient entre elles "la brodeuse de liberté".