COUTELIER





Le métier de coutelier à la Belle Époque en France était l’héritier d’une tradition artisanale séculaire, profondément enracinée dans des régions comme Thiers, Langres ou Nogent. Voici un aperçu de son évolution et de son importance à cette période :
Le métier de coutelier remonte au Moyen Âge, avec des corporations bien établies dès le XIIIe siècle.
À la Belle Époque (fin XIXe – début XXe siècle), la coutellerie française rayonne à l’international grâce à la qualité et à la diversité de ses produits.
L’abrogation des jurandes en 1890 (loi Le Chapelier) permet une plus grande liberté d’accès au métier, favorisant l’innovation et l’expansion.
Les couteliers étaient souvent spécialisés : fèvres couteliers pour les lames, emmancheurs pour les manches.
Le travail était encadré par des jurés et des règlements stricts : interdiction de travailler la nuit, limitation du nombre d’apprentis, exigence d’un chef-d’œuvre pour devenir maître.
Les ateliers fonctionnaient selon des horaires précis, avec une forte discipline artisanale.Artisanat et esthétique
Les couteaux de la Belle Époque étaient souvent des objets de luxe : manches en ivoire, ébène, nacre, décorations en argent ou or.
Certains modèles étaient conçus pour des occasions spécifiques : Carême, Pâques, Pentecôte, avec des manches adaptés à chaque fête.
Le couteau devenait aussi un symbole social, offert en cadeau ou utilisé comme accessoire de table raffiné.
Thiers, en Auvergne, était (et reste) la capitale de la coutellerie française, produisant jusqu’à 80 % des couteaux du pays.
D’autres villes comme Paris, Saint-Étienne, Châtellerault ou Langres avaient aussi leurs propres traditions coutelières.
La Belle Époque voit l’introduction de procédés industriels, mais le savoir-faire artisanal reste très valorisé.
Des marques comme Opinel émergent à cette période, proposant des couteaux de poche robustes et accessibles

Dans les années 1890, à Thiers, capitale française de la coutellerie, circulait une légende sur un artisan nommé « Monsieur Albin », réputé pour ses couteaux si élégants qu’ils ornaient les tables des grands hôtels parisiens. Mais voilà le twist croustillant : Albin, discret en atelier, menait une double vie.
Le soir, il se déguisait en gentleman et fréquentait les cabarets de Montmartre… pour tester discrètement ses lames sur des bouchons de champagne ! Certains prétendaient même qu’il offrait des couteaux en cadeau aux danseuses du Moulin Rouge, gravés d’un petit cœur, et d’un mécanisme secret permettant de dégainer une lame par pression digne d’un roman de Gaston Leroux.
Un soir, une de ces créations aurait sauvé une étoile du cabaret d’un admirateur un peu trop pressant. Le scandale fit les gros titres des gazettes… et la commande royale prévue pour Buckingham fut suspendue (momentanément) à cause de cette "réputation un peu trop audacieuse".