COSTUMIERE


Le métier de costumière à la Belle Époque en France était bien plus qu’un simple artisanat : c’était un art au service du théâtre, de l’opéra et des bals mondains, façonné par l’élégance et l’exubérance de cette période.
La Belle Époque (1871–1914) fut une période de prospérité culturelle et artistique en France, marquée par l’essor du théâtre, du cabaret, de l’opéra et du cinéma naissant.
Les costumières travaillaient dans les coulisses de ces spectacles, souvent dans l’ombre, mais leur rôle était essentiel pour créer l’illusion et incarner les personnages.
Création de costumes de scène : Inspirés de l’histoire, des tendances contemporaines ou des exigences du metteur en scène.
Recherche historique et technique : Les costumières devaient maîtriser les styles vestimentaires des époques représentées, les coupes, les tissus et les ornements .
Collaboration artistique : Elles travaillaient avec les décorateurs, les couturiers, les modistes, les habilleurs et parfois les comédiens eux-mêmes.
L’atelier était un lieu de création minutieuse, avec patrons, tissus, dentelles, plumes et broderies.
Les costumières pouvaient aussi intervenir dans les expositions historiques, les reconstitutions ou les fêtes costumées, comme le montre l’initiative des Voyageurs du Temps qui recréent les métiers anciens.
Des figures comme Justine Favart, cantatrice du XVIIIe siècle, ont influencé le métier en introduisant des costumes réalistes sur scène.
À la Belle Époque, les costumières ont contribué à l’essor du costume comme langage visuel, renforçant l’identité des personnages et l’ambiance des spectacles.

La costumière et l’actrice masquée
Vers 1907, au théâtre du Châtelet, une costumière du nom de Marcelle Dubois était réputée pour son génie à créer des tenues aussi somptueuses que techniques. Un soir, une actrice célèbre connue pour sa beauté mais aussi ses caprices demanda un costume d’opéra avec un corset si serré qu’il devait réduire sa taille de dix centimètres. Marcelle s’exécuta, non sans une lueur d’inquiétude.
Le soir de la première, l’actrice se pavanait sur scène... jusqu’à ce que le corset cède, dans un craquement retentissant, projetant perles et baleines au sol. L’actrice s’enfuit en coulisses, furieuse, et le spectacle dut être interrompu.
Mais voilà le rebondissement : en inspectant le costume déchiré, Marcelle découvre une modification clandestine. L’actrice, obsédée par sa taille, avait confié à une autre couturière de resserrer le corset encore plus, sans prévenir Marcelle violant les règles de sécurité que celle-ci appliquait scrupuleusement.
Plutôt que de se laisser humilier, Marcelle fit publier dans un journal de mode anonyme un article technique dénonçant les pratiques dangereuses pour la santé des comédiennes... qui fit scandale dans le milieu du spectacle. Depuis ce jour, elle fut surnommée “Madame Guillotine”, non pas pour couper les têtes, mais pour trancher net les absurdités du paraître.