CORSETIER




Le métier de corsetier à la Belle Époque en France était bien plus qu’un simple artisanat : c’était un pilier de la mode, de la société et de l’industrie féminine. Voici un aperçu captivant de son évolution :
Le métier de corsetier remonte au XVIᵉ siècle, où les artisans étaient appelés tailleurs de corps.
À partir de 1675, les femmes commencent à exercer ce métier, devenant corsetières.
L’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert (1752) consacre un article aux techniques de corseterie, preuve de son importance culturelle.
Avec la Révolution industrielle, le métier passe d’un artisanat à une production industrielle grâce à l’apparition de matériaux comme les baleines en acier, les œillets métalliques et les buscs.
En 1870, Paris comptait environ 4 000 corsetières, et 1,5 million de corsets étaient produits chaque année en France.
Le corset devient un accessoire incontournable, porté par toutes les femmes, même les plus modestes.
À la Belle Époque (1890–1914)
Le corset est au cœur de l’esthétique féminine : il sculpte la silhouette, rehausse la poitrine et resserre la taille, incarnant les idéaux de beauté de l’époque.
Les corsetiers travaillent sur mesure ou en tailles standards, avec des techniques mêlant couture à la main et à la machine.
Paris, capitale de la mode, devient le centre névralgique de la corseterie, avec des maisons renommées et des créations luxueuses.
Le métier décline dans les années 1930, remplacé par les gaines élastiques.
Depuis une quinzaine d’années, on observe une renaissance du métier, notamment dans la mode alternative et le costume historique.

À la fin du XIXe siècle, un corsetier parisien du nom de Monsieur Léon, réputé pour ses créations audacieuses, lança un modèle révolutionnaire : le dynamo-corset. Ce corset prétendait contenir des garnitures dynamoplastiques qui, grâce à la chaleur du corps, généraient un fluide électrique censé faire fondre la graisse, améliorer la circulation sanguine et même stimuler la libido.
Mais ce n’est pas tout : certaines clientes affirmaient ressentir des vibrations agréables en le portant, ce qui fit rapidement grimper sa popularité… et attira l’attention des autorités médicales. Une enquête fut ouverte pour vérifier les effets de ce corset miracle. Résultat ? Aucun fondement scientifique. Mais le scandale fit la une des journaux, et les ventes explosèrent.
La rumeur veut que la comtesse de X, une figure mondaine connue pour ses conquêtes et ses apparitions théâtrales, portait ce corset lors d’un bal masqué. Lors d’une valse endiablée, les garnitures auraient provoqué un léger crépitement audible, déclenchant un fou rire général. Elle aurait alors déclaré :
« Ce n’est pas moi qui suis électrique, c’est mon corset ! »
L’affaire fit le tour des salons parisiens, et Monsieur Léon devint le corsetier le plus demandé de la capitale.