CORDONNIER





Le métier de cordonnier à la Belle Époque en France était bien plus qu’un simple artisanat : c’était un pilier de la vie quotidienne, un symbole de savoir-faire, et une profession empreinte de traditions séculaires.
Le mot cordonnier vient du cuir de Cordoue, en Espagne, utilisé dès le XIII siècle.
À la Belle Époque (fin XIX – début XXᵉ siècle), le métier s’inscrit dans une longue tradition remontant au Moyen Âge, où les artisans étaient regroupés en corporations très structurées .
À cette époque, les cordonniers fabriquaient et réparaient des chaussures en cuir, souvent à la main.
Ils travaillaient dans de petites échoppes, parfois à domicile, et étaient reconnus pour leur habileté et leur minutie.
Le métier était divisé en spécialités : savetiers (réparateurs), carreleurs (ressemeleurs), formiers (fabricants de formes), etc.
Compagnonnage et Tour de France
Le compagnonnage était très présent : les jeunes cordonniers faisaient le Tour de France pour apprendre auprès de maîtres dans différentes villes.
Chaque ville avait sa mère, lieu d’accueil des compagnons, où solidarité et entraide étaient la règle.
Les cordonniers fêtaient leur saint patron, Saint Crépin, chaque 25 octobre, parfois avec un zèle festif tous les lundis de l’année
Ils étaient réputés pour leur jovialité, leur goût pour la bouteille, et leur sens de la communauté.
Certaines villes comme Toulouse, Paris ou Rouen étaient célèbres pour leur cordonnerie.
Le roi Louis XIV aurait même honoré un cordonnier bordelais, Lestage, pour ses bottes sans couture apparente.

À Paris, vers 1905, un certain Marcel Dubois (nom changé pour le plaisir de la légende) tenait un atelier de cordonnerie dans le quartier de Pigalle. Un homme discret, doué d’un sens inouï du style et d’une oreille attentive aux murmures de ses cliente qui n’étaient autres que des courtisanes influentes, fréquentant les salons les plus sélects de la capitale.
Il réalisait des chaussures sur mesure aux talons sculptés et aux semelles parfumées à la lavande.
Ses créations étaient ornées de broderies coquines et de petits compartiments secrets… parfaits pour glisser une clé ou une lettre sulfureuse.
Son carnet de commandes incluait des pseudonymes bien mystérieux… et parfois des initiales appartenant à des députés ou artistes en vogue.
Un soir, une cliente laisse malencontreusement une chaussure chez Marcel, contenant une lettre révélant une liaison scandaleuse avec un haut dignitaire du gouvernement. Le cordonnier, fidèle à son code d’honneur artisanal, ne révèle rien mais une rumeur fuse dans tout Montmartre. L’atelier devient alors le passage obligé pour toutes celles qui veulent "mettre un pied dans le beau monde"… avec style et discrétion.