CORDIER




Le métier de cordier à la Belle Époque en France était un artisanat ancien, profondément enraciné dans les traditions locales et les besoins économiques de l’époque. Voici un aperçu de son histoire et de son évolution :
Le métier de cordier remonte à des temps très anciens, bien avant la Belle Époque. Dès le XIIIe siècle, une corporation de cordiers-criniers est fondée à Paris.
Les cordiers fabriquaient des cordes à partir de fibres végétales comme le chanvre, le lin, le tilleul ou le crin .
Ils travaillaient souvent en plein air, sur de longues aires appelées "corderies", parfois jusqu’à 100 mètres de long.
Le travail se faisait en trois étapes : peignage des fibres avec un séran, filage pour créer les fils, et câblage pour assembler les torons en cordes .
Les outils typiques incluaient le croc, le cochoir et l’épissoir, chacun ayant un rôle spécifique dans la torsion et l’assemblage.
Statut social et organisation
À la Belle Époque, les cordiers étaient souvent des artisans indépendants ou membres de compagnonnages comme les Compagnons Cordiers du Devoir, actifs depuis le Moyen Âge.
Dans certaines régions comme la Bretagne, le métier était associé à des populations marginalisées, considérées comme descendants de lépreux et vivant dans des hameaux séparés.
Les cordes étaient essentielles dans de nombreux domaines : pêche, marine, agriculture, bourrellerie, et même pour les exécutions judiciaires, où les cordiers devaient fournir les cordes pour les pendaisons .
Le chanvre était la matière première principale, souvent apportée par les clients eux-mêmes, les cordiers étant des prestataires de service.
Avec l’industrialisation et l’arrivée de nouveaux matériaux, le métier de cordier artisanal a commencé à décliner au début du XXe siècle .
Il reste aujourd’hui un métier emblématique du patrimoine artisanal français, souvent mis en valeur dans les musées et les fêtes traditionnelles.

L’affaire des cordes de la potence
Dans certains quartiers de Paris, les cordiers étaient exemptés d’impôts à une condition bien particulière : fournir les cordes pour les pendaisons. Oui, tu as bien lu. Cela leur donnait un statut un peu à part, presque macabre. Mais voilà qu’un jour, un cordier parisien aurait tenté de refiler une corde de mauvaise qualité… Résultat ? Le condamné survécut à la pendaison, provoquant un tollé dans la presse locale et une enquête sur la qualité des cordes fournies par la corporation. On raconte que ce cordier fut banni de la confrérie et que son atelier fut fermé pour “manquement à la dignité du métier”.