CONFISEUR






Le métier de confiseur à la Belle Époque en France était bien plus qu’un simple artisanat : c’était un art raffiné, un symbole de plaisir et de sophistication, profondément ancré dans la culture française.
La Belle Époque (1870–1914) fut une période de prospérité, d’innovation et de raffinement en France.
Le sucre, autrefois rare et coûteux, devient accessible grâce à la production de sucre de betterave, démocratisant la confiserie.
Les confiseurs s’installent dans les grandes villes, notamment à Paris, où leurs boutiques deviennent des lieux de rendez-vous pour la bourgeoisie.
Le confiseur est un artisan spécialisé dans la fabrication de friandises sucrées, à l’exclusion des confitures.
À cette époque, il maîtrise des techniques complexes : cuisson du sucre, moulage, enrobage, et parfois même décoration artistique.
Le métier se professionnalise avec des formations spécifiques et des diplômes comme le CAP pâtissier-confiseur.
Confiserie et société
Les confiseries sont associées à la fête, au partage et à la convivialité : elles sont offertes lors des mariages, anniversaires et fêtes religieuses.
Des spécialités régionales émergent ou se popularisent : dragées de Verdun, calissons d’Aix, berlingots de Carpentras.
La Trêve des Confiseurs, période de calme entre Noël et le Nouvel An, devient une tradition symbolique.
Des figures historiques comme Marie-Antoinette, Napoléon, Madame de Sévigné ou Balzac sont connues pour leur goût des confiseries.
Les religieux et religieuses jouent un rôle important dans la création de bonbons emblématiques comme les sucres d’orge de Moret ou les bonbons de l’Abbaye de Flavigny.

À la fin des années 1890, le célèbre restaurant Maxim’s, repaire de la haute société parisienne, organisait des soirées fastueuses où tout devait briller y compris les douceurs servies à la fin du repas. Un confiseur réputé du quartier du Marais, Monsieur Doucet, connu pour ses pastilles dorées fourrées au cognac, avait reçu commande de centaines de ses bonbons raffinés pour une réception chez Maxim’s, honorée par la présence de la comtesse de Greffulhe elle-même.
Mais… la gourmandise fut trahie par l’ambition : Doucet, voulant économiser sur les frais, remplaça le cognac par une imitation bon marché. Résultat , Les convives, habitués aux plus fins alcools, trouvèrent les friandises « d’un goût douteux », et la comtesse, offusquée, fit une scène publique… au point que la réputation du confiseur vacilla, et il fut surnommé dans les journaux satiriques le faussaire du sucre.
Heureusement, Doucet se racheta quelque temps plus tard en créant les "Larmes de Vénus", des bonbons nacrés fourrés au muscat, qui redevinrent les coqueluches des boudoirs parisiens.