COMMISSAIRE  DE  POLICE

 commissaire

 caricature

 

   À la Belle Époque (fin du XIXe siècle jusqu’à la Première Guerre mondiale), le métier de commissaire de police en France s’est affirmé comme une figure centrale de l’administration locale et du maintien de l’ordre. Voici un aperçu de son évolution et de ses caractéristiques à cette période :

 

Origines et cadre légal

 

    Le métier prend forme avec la loi du 28 pluviôse an VIII (17 février 1800), qui impose un commissaire dans chaque commune de plus de 5 000 habitants.

    Les commissaires sont nommés par le pouvoir central, mais rémunérés par les municipalités, ce qui crée une tension entre autorité locale et nationale.

 

Rôle et missions

 

    Ils assurent des fonctions judiciaires (enquêtes, constats) et administratives (surveillance de l’ordre public, rapports sur l’opinion).

    À Paris, ils sont placés sous l’autorité du préfet de police, tandis qu’en province, ils dépendent du maire, du préfet et du procureur.

 

Multiplication des statuts

 

    Le XIXe siècle voit la création de nouveaux types de commissaires :

      Commissaires centraux dans les grandes villes (1852).

      Commissaires cantonaux pour les zones rurales (1852, mais fonction éphémère).

      Commissaires spéciaux pour les ports et les chemins de fer (1855), ancêtres des renseignements généraux.

 

Image sociale et professionnalisation

 

    Malgré leur importance, les commissaires souffrent d’un manque de reconnaissance : peu représentés dans la littérature ou les médias de l’époque.

    Leur rôle est souvent ambigu, entre magistrat de quartier et agent du pouvoir central.

    La profession commence à se structurer, mais reste mal définie et peu valorisée jusqu’à l’arrivée des Brigades mobiles créées par Clemenceau en 1907.

 

histoire

 

Le Commissaire Lépine et l’affaire du Masque de la Veuve Vers 1905, à Paris, une série de cambriolages frappe les salons huppés du boulevard Haussmann. Ce qui intrigue le commissaire Lépine, célèbre pour ses méthodes modernes, ce n’est pas tant le vol de bijoux que le fait que les victimes – toutes des notables – reçoivent, quelques jours plus tard, une lettre parfumée signée « La Veuve », accompagnée d’un morceau de satin noir. La presse s’empare de l’affaire, l’imagination du public s’emballe : espionne? vengeresse mondaine? femme fatale?Lépine, en bon stratège, infiltre les cercles aristocratiques sous un faux nom, et découvre que « La Veuve » est en réalité un maître du déguisement : un ancien acteur de théâtre reconverti dans le chantage sentimental. Il séduisait les dames de la haute, récupérait des secrets compromettants, puis opérait ses vols sous les traits d’une veuve éplorée. L'arrestation, réalisée lors d’un bal masqué, fait grand bruit dans tout Paris.

  

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