COLPORTEUR


Qui étaient les colporteurs ?
Des marchands ambulants qui transportaient leurs marchandises à pied, à dos de mulet ou en charrette.
Originaires souvent de régions montagneuses comme la Savoie, l’Auvergne ou les Pyrénées.
Ils portaient leurs produits dans une balle (sac en osier ou en bois) suspendue au cou ou sur le dos.
Une grande variété de produits : livres, journaux, images pieuses, tissus, mercerie, jouets, remèdes, objets de dévotion.
Certains étaient spécialisés, comme les colporteurs de parapluies venus d’Aurillac.
Les colporteurs protestants diffusaient aussi des Bibles et traités religieux, souvent à vélo ou à pied.Évolution du métier à la Belle Époque
Le métier atteint son apogée vers 1848, avec plus de 3 500 colporteurs en France.
À partir de 1880, le développement du chemin de fer et des grands magasins entraîne le déclin du colportage.
Les colporteurs s’adaptent : certains utilisent le train ou le tramway, d’autres deviennent évangélistes itinérants.
Ils ont joué un rôle clé dans la diffusion de la presse, des livres et de la culture populaire dans les zones rurales.
Le colporteur était souvent le seul lien entre les campagnes isolées et le reste du monde.
Malgré leur utilité, ils étaient parfois vus comme des étrangers ou accusés de méfaits.
Anecdotes et curiosités
Un édit royal de 1723 exigeait que les colporteurs sachent lire et écrire, portent une plaque distinctive, et soient inscrits sur un registre officiel.
Certains colporteurs organisaient des réunions spontanées dans les rues pour partager leur littérature.
Le mot "colporteur" vient du latin comportare, signifiant "transporter".

Voici une histoire croustillante digne d’un roman feuilleton : Dans les années 1890, un colporteur nommé Émile, qui parcourait la région Auvergne-Rhône-Alpes, s’était fait connaître pour vendre des almanachs et des gravures licencieuses soigneusement cachées entre les pages de brochures pieuses. On raconte qu’un jour, il aurait été arrêté dans une petite commune par le curé lui-même, furieux d’avoir trouvé sous une prière du mois de mars... une caricature osée représentant une "confession" un peu trop intime entre une religieuse et son abbé.
Mais Émile, malin comme un singe, aurait réussi à s’en sortir en offrant au curé l’une de ses meilleures huiles contre les rhumatismes, faite maison. Le curé, séduit par la disparition miraculeuse de ses douleurs, aurait non seulement relâché Émile, mais lui aurait commandé dix pots supplémentaires.