COIFFEUR




Le métier de coiffeur à la Belle Époque en France était bien plus qu’un simple artisanat : c’était un art social, un symbole de raffinement et parfois même un théâtre de mondanités.
La Belle Époque (fin XIXe siècle jusqu’à 1914) fut une période de prospérité, d’innovation et d’élégance en France.
Les salons de coiffure deviennent des lieux prisés, notamment par la bourgeoisie et l’aristocratie, où l’on ne venait pas seulement pour se faire coiffer, mais aussi pour échanger les dernières nouvelles et montrer son statut.
Le coiffeur se distingue progressivement du barbier et du perruquier, métiers plus anciens et souvent associés à des fonctions médicales ou hygiéniques.
Dès le XVIIIe siècle, des figures comme Léonard Autier, coiffeur de Marie-Antoinette, élèvent la coiffure au rang d’art décoratif.
À la Belle Époque, les coiffeurs deviennent des "académiciens de la coiffure", revendiquant leur rôle dans la mode et la beauté.
Style et tendances
Les coiffures féminines sont spectaculaires : chignons hauts, boucles travaillées, ornements de gaze, de perles et de fleurs.
Les hommes adoptent des styles plus sobres mais soignés, souvent inspirés des dandys et des artistes.
Le coiffeur est souvent jeune, élégant, et parfois considéré comme un confident ou un charmeur dans les cercles mondains.
Le métier se professionnalise avec l’ouverture de cours de coiffure et la création de salons spécialisés.
Certains coiffeurs publient même des traités, comme Legros en 1769, qui codifie l’art de la coiffure féminine.

Le coiffeur espion de l’aristocratie parisienne À Paris, autour de 1905, un certain Armand Delacroix, coiffeur réputé de la haute société, était bien plus qu’un artiste des ciseaux. Installé dans un salon luxueux rue de la Paix, il recevait les duchesses, comtesses et actrices célèbres pour des coiffures en vogue souvent assorties de confidences croustillantes. Ce salon était surnommé par les initiés "le confessionnal poudré".
Mais voilà : Armand était en réalité au service d’un journal satirique bien connu de l’époque, qui publiait chaque semaine des potins mondains. Grâce aux indiscrétions glanées lors des brushings et des mises en plis, il alimentait les colonnes les plus lues du Paris frivole. Imagine : les secrets de mariage, les maîtresses dissimulées, les faux héritages… tout passait entre ses mains avant d’atterrir à la une.
Petite touche encore plus savoureuse : une duchesse délaissée finit par découvrir le pot-aux-roses en croisant l’une de ses confidences intimes dans une chronique. Elle le poursuivit en justice… mais retira sa plainte après que le coiffeur menaça de révéler ses vraies confessions. La presse en fit ses choux gras.