COCHER



Le métier de cocher à la Belle Époque en France était bien plus qu’un simple conducteur de fiacre c’était une figure emblématique du paysage urbain, surtout dans les grandes villes comme Paris et Lyon. Voici un aperçu captivant de cette profession aujourd’hui disparue :
Le cocher conduisait une voiture hippomobile, souvent un fiacre, depuis un siège à l’avant du véhicule.
Le terme vient du coche, une voiture originaire de la ville hongroise de Kotschi, utilisée dès le XVIe siècle.
Il était responsable de l’attelage, de la sécurité des passagers, et parfois même de la négociation du tarif.
Le métier s’est professionnalisé avec des examens et des autorisations délivrées par la Préfecture de Police.
Les cochers de fiacre formaient une corporation mixte : certains étaient salariés, d'autres petits patrons.
Ils servaient principalement la bourgeoisie urbaine, qui préférait les fiacres aux tramways pour éviter la promiscuité sociale.Les premières femmes cochers
En 1907, Eugénie Charnier et Clémentine Dufaut deviennent les premières cochères à Paris, après une formation de trois mois.
Cochers de grandes compagnies : bien équipés, appréciés des Parisiens.
Cochers de loueurs : souvent sédentaires, originaires de Paris.
Cochers de remise : anciens employés de maisons bourgeoises.
Cochers “mistouflards” : âgés, précaires, souvent mal équipés.
Métier physiquement exigeant, souvent mal rémunéré.
Les cochers devaient connaître les rues, les règlements, et maîtriser l’attelage.
Certains étaient réputés pour leur caractère bougon, leur alcoolisme, ou leur rudesse, ce qui alimentait leur mauvaise réputation.
Déclin et transformation
Avec l’arrivée des automobiles, beaucoup de cochers sont devenus chauffeurs de taxi.
Le métier a progressivement disparu dans les années 1920, remplacé par les taxis motorisés.

Dans les années 1890, un cocher du nom d’Émile travaillait pour un hôtel prestigieux du boulevard Haussmann. Toujours tiré à quatre épingles et discret comme une ombre, Émile avait une clientèle très particulière : les dames de la haute société... et leurs amants secrets.
Le potin? Il avait mis en place un véritable réseau logistique des escapades clandestines. Grâce à un code de cloche et de rubans noués sur les portières de son fiacre, il indiquait à ses collègues dans quel quartier les maris pouvaient se montrer et dans lequel il était « sûr » de déposer une passagère sans risques. Une forme de GPS de la passion, version équine.
Un soir, il aurait été abordé par un détective privé engagé par un mari jaloux. Plutôt que de trahir ses clientes, Émile aurait feint une panne de roue pour faire diversion, le tout en improvisant un poème à double sens que le détective, confus, prit pour une déclaration philosophique. Résultat : Émile gagna une réputation de « poète urbain » dans les cercles bohèmes... et continua ses services en toute impunité.