CIREUR DE CHAUSSURES





À la Belle Époque, le métier de cireur de chaussures en France était bien plus qu’un simple service de propreté c’était un symbole social et un gagne-pain essentiel pour les plus modestes.
Les rues françaises, souvent boueuses ou poussiéreuses, rendaient l’entretien des chaussures indispensable.
Le cuir étant coûteux, les gens même les plus pauvres prenaient soin de leurs souliers, surtout pour les occasions comme la messe ou les foires .
Le cireur, souvent un enfant ou un vieil homme, s’installait dans les gares, sur les ports ou dans les quartiers chics.
Il portait une boîte en bois en bandoulière contenant ses outils : brosses, chiffons, cirage (souvent à base de suif, noir de fumée et térébenthine).
Le processus : décrotter les semelles, appliquer le cirage, puis lustrer le cuir jusqu’à ce qu’il brille.
Une posture symbolique
Agenouillé devant le client, le cireur incarnait une forme de soumission sociale, souvent interprétée comme une image de l’humiliation du travailleur face au bourgeois.
Pourtant, dans les gares notamment, le client n’était pas toujours plus riche que le cireur une nuance qui révèle une forme d’entraide plutôt qu’un simple rapport de domination.
Avec l’amélioration des infrastructures urbaines (trottoirs pavés, rues nettoyées), le besoin de cireurs ambulants a diminué.
Le métier a commencé à disparaître après la Première Guerre mondiale, puis presque totalement à la fin des années 1950.
Ce métier, aujourd’hui presque oublié, reste un témoin précieux des réalités sociales et urbaines de la Belle Époque

Dans les années 1900, au cœur du boulevard Haussmann, un cireur du nom de Léon “le Lustrateur” était réputé pour ses talents presque magiques. On disait qu’il pouvait redonner aux souliers la splendeur d’un miroir, au point que les dames de la haute société se pressaient incognito pour confier leurs bottines à ce virtuose du chiffon.
Un jour, alors qu’il lustrait les bottines d’un mystérieux client vêtu d’un long manteau et dissimulé sous un chapeau melon Léon remarque un talon plaqué or sous une couche de boue. Intrigué, il mentionne cette curiosité avec humour à son voisin crieur de journaux. Le potin se répand plus vite que les vapeurs du métro tout neuf !
Et voici que la rumeur éclate : le talon doré appartenait en réalité à un ministre en quête discrète de frasques nocturnes, connu pour fréquenter les cabarets de Pigalle déguisé en bourgeois lambda. L’histoire fait les choux gras de la presse et devient un scandale politique : “Le ministre au soulier doré” devient une expression populaire pour parler d’un personnage à double vie.
Léon, lui, devient une célébrité locale. On lui prête des talents de détective urbain et on dit même qu’Arsène Lupin s’est inspiré de lui pour l’un de ses déguisements.