CHOCOLATIER




Le métier de chocolatier à la Belle Époque en France était bien plus qu’un simple artisanat : c’était une alchimie entre tradition, innovation et raffinement. Voici un aperçu de son évolution durant cette période fascinante :
La Belle Époque (1870–1914) : période de prospérité, d’essor industriel et de raffinement culturel en France.
Le chocolat, autrefois réservé à l’aristocratie, devient plus accessible grâce aux progrès techniques et à l’industrialisation.
1814 : première fabrique industrielle de chocolat en France, dans les Pyrénées-Orientales.
1836 : la maison Menier lance les premières tablettes de chocolat, révolutionnant la consommation.
1884 : invention du premier petit déjeuner au chocolat et à la crème vanillée en France.
Le métier de chocolatier
Le chocolatier est à la fois artisan et créateur, maîtrisant la transformation du cacao en confiseries, tablettes, ganaches et truffes.
À la Belle Époque, il devient un acteur de la gastronomie française, rivalisant avec les pâtissiers pour séduire une clientèle bourgeoise.
Les chocolatiers développent des machines mécaniques pour broyer les fèves et affiner les textures.
Bayonne : considérée comme la capitale française du chocolat, grâce à son port et ses ateliers historiques.
Paris : voit fleurir des boutiques élégantes où le chocolat est présenté comme un produit de luxe et de santé.
Innovations et tendances
Le chocolat est souvent associé à des vertus médicinales : digestif, énergisant, voire aphrodisiaque.
Apparition de chocolats aromatisés (vanille, cannelle, fleur d’oranger) et de présentations raffinées dans des boîtes décorées.

À cette époque, un certain chocolatier de Montmartre, Jules Fernet, était connu pour ses créations spectaculaires et ses vitrines de fêtes. Mais sa célébrité prit une tournure... théâtrale.
Lors du Salon des Gourmets de 1904, Fernet présenta une sculpture grandeur nature de Sarah Bernhardt – la célèbre actrice – entièrement en chocolat noir. Le public était subjugué, les critiques saluaient le génie… sauf que voilà : ce n’était pas du chocolat.
Un jeune apprenti, trop curieux, remarqua une odeur étrange en nettoyant le stand. Ce n’était pas celle du cacao, mais de la cire. Fernet avait fabriqué la sculpture en cire peinte, la dissimulant sous une fine couche de chocolat verni.
Le scandale éclata, les journaux parlaient du "faux cacao de Montmartre". Pourtant, au lieu de ruiner sa carrière, ce coup d’audace propulsa Fernet au rang de chocolatier-artiste : ses ventes explosèrent, les clients affluaient pour goûter le vrai chocolat derrière le mensonge.