CHIRURGIEN





Le métier de chirurgien à la Belle Époque en France était en pleine mutation, entre héritage artisanal et reconnaissance scientifique. Voici un aperçu captivant de son évolution :
Jusqu’au XVIIIᵉ siècle, les chirurgiens étaient souvent associés aux barbiers, pratiquant des actes comme la saignée, la pose de ventouses ou l’extraction de dents .
Ils étaient considérés comme des manuels, inférieurs aux médecins universitaires, qui eux ne pratiquaient pas d’actes chirurgicaux .
La chirurgie était longtemps exclue des facultés de médecine, en partie à cause de l’interdiction religieuse de la dissection .
En 1731, les chirurgiens obtiennent le droit d’enseigner grâce à leur statut de maîtres ès arts, ce qui les intègre à l’Université.
En 1748, Louis XV fonde l’Académie royale de chirurgie, marquant une étape décisive vers la professionnalisation du métier.
Les chirurgiens commencent à se distinguer des barbiers, avec une formation plus rigoureuse incluant dissection, anatomie et thèses de licence
Pratiques et innovations
À la Belle Époque (fin XIXᵉ – début XXᵉ siècle), la chirurgie devient plus scientifique et expérimentale, notamment grâce aux progrès en anesthésie, antisepsie et anatomie.
Les interventions deviennent plus complexes : trépanations, amputations, césariennes, chirurgie réparatrice.
Les chirurgiens participent activement à l’essor de l’obstétrique et collaborent avec les sages-femmes pour diffuser les connaissances.
Le chirurgien n’est plus un simple artisan : il devient un savant reconnu, souvent issu de familles instruites et respectées.
Les hôpitaux se développent comme lieux de soin et d’enseignement, et la chirurgie s’impose comme une discipline médicale à part entière .

À Paris, vers 1905, un célèbre chirurgien du nom de Dr. Pozzi souvent surnommé le chirurgien en robe rouge pour ses goûts flamboyants pratiquait la médecine comme un art autant qu’une science. Raffiné, brillant, séducteur notoire, il était aussi l’un des pionniers de la chirurgie gynécologique en France. Mais ce qui le rendait si croustillant, c’était son mélange de talent médical et de vie mondaine.
Un jour, alors qu’il opérait dans une clinique privée, une patiente issue du gratin parisien refusa l’anesthésie à base d’éther car « cela lui abîmait le teint » . Face à cette requête surréaliste, Pozzi improvisa un cocktail de morphine et de musique classique. Oui, pendant l’intervention, un quatuor jouait du Debussy pour tenter de calmer la patiente. Elle aurait murmuré à mi-voix :
« Je préfère souffrir avec grâce que dormir comme une domestique. »
Le Dr. Pozzi était aussi connu pour consulter en gants blancs et redingote parfumée, recevant parfois ses patientes dans un salon décoré de tentures orientales et de tableaux impressionnistes… une chirurgie presque mise en scène comme une pièce de théâtre. Il était même l’ami d’Oscar Wilde et de Sarah Bernhardt !