CHASSEUR D'HOTEL


À la Belle Époque, le métier de chasseur en hôtellerie était un rouage discret mais essentiel du luxe à la française. Ce rôle, souvent confondu avec celui du groom, faisait partie d’un ensemble de métiers dédiés à l’accueil et au confort des clients dans les grands hôtels.
Il était chargé d’effectuer les courses à l’extérieur pour les clients : achats, envoi de courrier, démarches bancaires, réservations de spectacles ou de transports .
Il travaillait sous l’autorité du concierge, aux côtés du voiturier, portier, bagagiste, groom et liftier.
Le chasseur devait faire preuve de discrétion, efficacité et distinction, avec une présentation irréprochable et souvent une maîtrise de plusieurs langues étrangères.
Cette période (fin XIXe – début XXe siècle) marque l’essor du tourisme de luxe, notamment à Paris, sur la Côte d’Azur et dans les stations thermales.
Les grands hôtels comme le Ritz ou le Negresco se développent, adoptant les standards de l’hôtellerie internationale, avec des services personnalisés et une hiérarchie bien définie.
Le métier de chasseur s’inscrit dans cette logique de service sur mesure, où chaque client est traité comme un invité de marque.
Évolution du métier
Aucun diplôme n’était requis, mais une expérience dans l’accueil et une bonne présentation étaient indispensables.
Le poste pouvait servir de tremplin vers des fonctions de réception, voire de concierge, pour les plus ambitieux.
Ce métier, aujourd’hui moins visible, reste un symbole d’une époque où l’hospitalité était un art.

Le chasseur et la duchesse oubliée
Dans un palace renommé de la rive droite, un chasseur du nom de Jules était réputé pour sa discrétion et son flair à résoudre des situations épineuses… mais celle-ci allait le propulser au rang de héros improvisé.
Un soir, une duchesse fantasque, habituée des lieux, sort précipitamment après un dîner mondain, laissant derrière elle un sac à main contenant… la clef de son coffre privé, quelques bijoux de grande valeur, et surtout une lettre d’amour adressée à un comte qui n’était pas son mari.
Le réceptionniste panique, mais Jules garde son calme. Il file dans la nuit avec son flair légendaire, retrouve la calèche de la duchesse à l’Opéra, grimpe discrètement à bord, et lui glisse le sac sans un mot, juste avec son regard entendu et un clin d’œil professionnel. La duchesse lui glisse alors une bague en rubis en guise de remerciement que Jules, fidèle à l’étiquette, remettra au directeur... avant de se faire offrir une prime et un jour de congé bien mérité.