CHARRON





Le métier de charron à la Belle Époque en France était un pilier de l’artisanat rural et urbain, héritier d’un savoir-faire ancestral remontant au Moyen Âge. Voici un aperçu de son histoire et de son importance à cette époque :
Le charron fabriquait et réparait les véhicules à traction animale : charrettes, tombereaux, corbillards, etc.
À l’origine, il faisait partie de la corporation des charpentiers, mais il obtient ses propres statuts à Paris dès 1498.
Le métier s’est développé avec l’essor des transports terrestres, notamment au XIXe siècle, où les charrons travaillaient pour des clients variés : cultivateurs, postiers, lavandières, etc..
Le charron maîtrisait le travail du bois (chêne, hêtre, frêne…) et du métal pour fabriquer des roues solides et adaptées aux routes cahoteuses.
Il concevait l’ensemble du véhicule : roues, châssis, suspension, système d’attelage.
Le cerclage des roues avec des bandages de fer était une étape cruciale, nécessitant précision et force.
Atelier et outils
L’atelier du charron comportait plusieurs postes : mouillet (établi), jantier (étau pour les jantes), selle (trépied pour les roues), et un foyer pour chauffer le métal.
Ses outils incluaient : rabots, gouges, herminettes, fausses équerres, et des instruments spécifiques comme la roulette ou le serre-rai.
Le métier exigeait un apprentissage de plusieurs années, souvent suivi d’un chef-d’œuvre pour accéder à la maîtrise.
Les charrons jouissaient d’un certain prestige, surtout ceux travaillant pour l’artillerie ou les grandes maisons de transport.
Avec l’arrivée de la motorisation au XXe siècle, le métier de charron a lentement disparu dans sa forme traditionnelle.
Certains artisans ont continué à exercer, insatisfaits de la qualité des pièces industrielles.

Dans le village de Tronget, vivait un jeune charron nommé Émile Bachelin. Artisan réputé pour son savoir-faire, il fabriquait des roues si solides que les marchands venaient de toute la région. Un jour, la comtesse de Montilly, récemment veuve et connue pour son tempérament… disons, épicé, fit appel à lui pour réparer la roue de sa calèche.
Mais ce n’était pas une roue qu’elle comptait faire tourner.
Pendant plusieurs semaines, Émile fut invité à dîner soi-disant pour discuter de l’avancement des travaux mais toujours seul avec la comtesse. Le village ne mit pas longtemps à murmurer. Certains disaient que la calèche était depuis longtemps réparée. D’autres que les rouages de la passion étaient bien plus cassés…
Finalement, Émile quitta le village pour ouvrir un atelier à Vichy, laissant derrière lui une calèche comme neuve, un cœur un peu éraflé, et une rumeur qui circule encore dans les bistrots locaux. On dit même que la comtesse commandait toujours ses roues chez lui, mais faisait livrer en toute discrétion...