CHARRETIER



Le métier de charretier à la Belle Époque en France était un pilier essentiel du transport terrestre avant l'avènement généralisé de l’automobile. Voici un aperçu de son histoire et de son rôle dans la société de l’époque :
Le charretier était la personne chargée de conduire une charrette ou un chariot, souvent tiré par des chevaux.
Il assurait le transport de marchandises, de matériaux agricoles, de bois ou de produits alimentaires entre les campagnes et les villes .
Ce métier est apparenté à celui de roulier ou chartier, avec des variantes régionales dans les appellations.
Cette période, marquée par l’industrialisation douce et une certaine insouciance sociale, voyait encore les charretiers jouer un rôle crucial dans les échanges économiques locaux.
Les charretiers travaillaient dans des conditions physiques exigeantes, souvent par tous les temps, sur des routes non pavées.
Ils étaient parfois propriétaires de leur attelage, mais souvent employés par des commerçants ou des exploitants agricoles.Techniques et savoir-faire
Le charretier devait maîtriser :
La manipulation des chevaux et leur harnachement.
L’entretien des charrettes, souvent en bois et fer, parfois fabriquées sur mesure par des charrons.
La logistique des trajets, en tenant compte du poids, des distances et des conditions de route.
Le métier était très répandu dans les régions rurales, notamment en Auvergne, Bourgogne, Normandie et Île-de-France.
Des cartes historiques montrent une forte présence de charretiers entre 1800 et 1950, avec un pic d’activité avant la Première Guerre mondiale.
Avec l’arrivée des camions motorisés et le développement des routes modernes, le métier de charretier a progressivement disparu au cours du XXe siècle.
Il a laissé place aux chauffeurs routiers, mais reste un symbole de la France rurale d’antan.

Le scandale du charretier des Halles Paris, 1897
Imaginez un matin brumeux dans les Halles de Paris. Jules “Pince-Maille”, un charretier réputé pour sa moustache frémissante et son franc-parler coloré, était chargé de livrer des barriques de vin dans le quartier de Montmartre. Mais voilà qu’un bourgeois bien vêtu, pressé par ses affaires, tente de le doubler avec sa calèche étincelante.
Jules, outré qu’on insulte l’honneur de sa charrette et ses chevaux, crie à l’injustice et bloque le passage… pendant une heure entière. Les badauds s’attroupent, les poissonnières s’en mêlent, les jurons volent plus haut que les pigeons sur les toits.
Et là, le bouquet final : Jules grimpe sur son tonneau et improvise un véritable discours enflammé sur “la lutte des braves contre l’arrogance des gilets dorés”. Une sorte de théâtre de rue avant l’heure ! L’épisode fit le tour des cafés parisiens, et on prétend que Toulouse-Lautrec l’aurait croqué dans l’un de ses carnets.