CHARBONNIER



Le charbonnier à la Belle Époque : entre feu, forêt et folklore
Le métier de charbonnier en France à la Belle Époque (fin XIXe – début XXe siècle) était à la fois ancestral, rude et empreint de mystère. Voici un aperçu de cette profession fascinante :
Le métier de charbonnier remonte à plusieurs millénaires, depuis l’âge du Fer, lorsque le charbon de bois était essentiel pour la métallurgie.
À la Belle Époque, les charbonniers jouaient encore un rôle crucial dans la production de charbon de bois, utilisé comme combustible dans les foyers, les forges et les industries.
Le charbonnier construisait une charbonnière (ou meule) en forêt : un monticule de bois recouvert de terre et de végétaux, destiné à une carbonisation lente.
Le processus durait plusieurs jours et nécessitait une surveillance constante, jour et nuit, pour éviter les incendies et assurer une cuisson homogène.
Les charbonniers vivaient isolés en forêt, souvent dans des huttes rudimentaires faites de branchages et de mousse.
Leur visage noirci par la fumée et leur vie recluse ont nourri de nombreuses légendes populaires, les décrivant comme des êtres mystérieux, voire diaboliques.
Certains charbonniers étaient membres de confréries, comme la Charbonnerie, liée à la franc-maçonnerie, avec ses propres rituels et symboles.
L’expression « Charbonnier est maître chez soi » vient d’une anecdote célèbre où François Ier aurait été hébergé par un charbonnier dans la forêt de Fontainebleau.
Le métier a commencé à disparaître au début du XXe siècle avec l’arrivée du charbon minéral, du gaz et du pétrole, qui ont remplacé le charbon de bois comme source d’énergie.

À Paris, en 1902, un jeune livreur de charbon nommé Lucien travaillait pour une grande entreprise de combustibles du quartier de la Bastille. Fort comme un bœuf et toujours couvert de poussière, il faisait ses livraisons à dos de charrette dans les beaux quartiers, y compris les hôtels particuliers de certaines dames « très distinguées ».
Un jour, il arrive chez la baronne de la rue Monceau. Elle descend elle-même chose rare pour lui demander une faveur : « Monsieur Lucien, pourriez-vous m’allumer la cheminée ? Je crains que mon majordome ne s’y connaisse pas autant que vous. » Lucien entre donc, maladroit, impressionné par les dorures et le marbre. Et alors qu’il alimente le feu, il remarque un petit cadre tombé derrière le bois : une photo d’un jeune homme… qui lui ressemble. Beaucoup.
La baronne, embarrassée, lui explique que c’était son amour de jeunesse, un certain Anatole un charbonnier disparu pendant les révoltes ouvrières de 1886. Lucien, troublé, rentre chez lui. Il fouille parmi les affaires de sa mère et découvre qu’Anatole était… son père disparu.
Il retourne chez la baronne avec cette révélation. Les deux se mettent à pleurer dans le salon, et elle décide alors de l’aider à « se refaire une vie digne de son héritage ». En deux ans, Lucien devient directeur adjoint de l’entreprise de charbon. Et si la rumeur dit vrai… il épousa la fille de la baronne, faisant ainsi flamber bien plus que des cheminées