CHAISIERE



Le métier de chaisière à la Belle Époque en France était un exemple fascinant de savoir-faire artisanal et de vie populaire, souvent exercé par des femmes dans les églises ou les lieux publics. Voici un aperçu de son histoire et de son rôle social :
Le terme chaisière désignait principalement une femme chargée de gérer les chaises dans les églises, notamment pour les offices religieux.
Elle louait les chaises aux fidèles, souvent pour quelques centimes, et veillait à leur bon ordre.
Ce métier était modeste mais essentiel, surtout dans les grandes paroisses urbaines où l’affluence nécessitait une organisation.
La chaisière faisait partie du paysage quotidien des églises, souvent vêtue simplement, parfois avec un tablier et un trousseau de clefs.
Elle pouvait aussi nettoyer les lieux, surveiller les allées et venues, et parfois vendre des cierges ou des images pieuses.
Ce métier était souvent exercé par des veuves ou des femmes âgées, dans un contexte où les opportunités de travail féminin étaient limitées.
Métier de subsistance
Le revenu était très modeste, mais permettait à certaines femmes de subvenir à leurs besoins sans mendier.
Il s’inscrivait dans une série de petits métiers urbains disparus aujourd’hui, comme les marchandes d’arlequins ou les allumeuses de réverbères.
Avec la modernisation des lieux de culte et la diminution de la pratique religieuse, le métier de chaisière a progressivement disparu au cours du XXe siècle.
Il reste aujourd’hui un symbole de la vie populaire et de l’économie informelle de la Belle Époque.

Dans les jardins du Luxembourg à Paris, au début du XXe siècle, les chaisières étaient chargées de louer les sièges aux promeneurs fatigués. Ces femmes, souvent âgées, guettaient les passants avec une vigilance digne d’un détective privé. Et gare à celui qui s’asseyait sans payer ! Une chaisière célèbre, surnommée « Madame Rouge-Nez » à cause de son éternel rhume, était connue pour sa technique imparable : elle surgissait de derrière un buisson, brandissant son carnet de tickets comme une épée, et exigeait le paiement avec une voix rauque qui faisait sursauter les amoureux en pleine déclaration.
Mais le plus croustillant ? Un jour, un jeune poète fauché, incapable de payer sa chaise, proposa à Madame Rouge-Nez de lui réciter un poème en échange. Touchée par ses vers, elle lui offrit non seulement la chaise, mais aussi un café qu’elle avait gardé dans son thermos. Ce poète, selon la légende, serait devenu célèbre… et aurait dédié un recueil à « la sentinelle des sièges du Luxembourg ».