CAISSIERE


Le métier de caissière à la Belle Époque en France : une histoire de femmes et de commerce
À la Belle Époque (environ 1890–1914), période de prospérité et de modernisation en France, le métier de caissière dans les grands magasins commence à émerger, mais il est loin d’être ce qu’il est devenu par la suite.
Les grands magasins comme Au Bon Marché, Printemps ou La Samaritaine révolutionnent le commerce de détail.
Ces temples de la consommation attirent une clientèle bourgeoise et populaire grâce à des innovations comme l’entrée libre, les prix fixes et la mise en scène des produits.
Le commerce devient un spectacle, et les magasins s’étendent en province, notamment à Lyon, Nantes ou Rennes.
À l’origine, le métier de caissier est réservé aux hommes, car il implique des tâches techniques : calculs, gestion des recettes, tenue des livres.
À la fin du XIXe siècle, les premières femmes sont recrutées pour les caisses les moins fréquentées, souvent en raison de leur moindre coût salarial.
La crise de 1930 et les guerres accélèrent la féminisation du métier, mais dès la Belle Époque, on observe une montée en puissance des vendeuses-caissières, un poste hybride et genréLe poste de vendeuse-caissière
Ce rôle combine vente et encaissement, mais il est considéré comme peu qualifié.
Les femmes sont cantonnées à des tâches répétitives, souvent dévalorisées, et leur expertise n’est pas reconnue.
Le poste est conçu pour être polyvalent mais subalterne, avec une rémunération inférieure à celle des hommes.
Le travail de caissière est marqué par une absence de reconnaissance : peu de formation, peu de perspectives d’évolution.
Pourtant, ces femmes jouent un rôle essentiel dans le fonctionnement des grands magasins, en incarnant l’image de l’enseigne auprès des clients.
Elles doivent être aimables, souriantes, tout en assurant le contrôle des paiements et la prévention des conflits.
Dès le début du XXe siècle, la mécanisation (caisse enregistreuse) transforme le métier.
La caissière devient l’hôtesse de caisse, détachée de la vente, soumise à des gestes répétitifs et à une surveillance constante.
Ce métier, bien que central dans l’expérience client, reste déclassé et peu valorisé, reflet des inégalités de genre dans le monde du travail

ߒ Madame Camille, caissière au Bon Marché à Paris, était connue pour ses mains agiles à manipuler les billets… et les cœurs. Élégante, vive d’esprit et d’un charme redoutable, elle était souvent la première à repérer les messieurs fortunés venus faire leurs emplettes.
Un jour, le baron d’Arfeuille, veuf célèbre et amateur de chapeaux extravagants, s’attarda un peu trop longtemps à sa caisse. Il y glissa un billet... mais pas dans la caisse. C’était une invitation, pliée en éventail, pour un dîner dans son hôtel particulier.
Ce que le baron ignorait, c’est que Camille menait une double vie : caissière le jour, chroniqueuse mondaine le soir sous le pseudonyme de “La Mouche Parisienne”. Elle accepta le dîner… non pas pour les flatteries du baron, mais pour écrire un billet savoureux sur les dessous de l’aristocratie.Son article, publié quelques jours plus tard dans un journal confidentiel, fit grand bruit dans les salons. Personne ne sut jamais que "La Mouche" et la caissière du Bon Marché ne faisaient qu’une. Mais depuis ce jour, Camille eut droit à une touche de respect teintée d’appréhension dans les regards des clients.