BRUNISSEUR




Le métier de brunisseur à la Belle Époque en France
Le brunisseur était un artisan spécialisé dans le polissage et la finition des objets métalliques, notamment en bronze, cuivre ou acier. Ce métier, discret mais essentiel, s’inscrivait dans la chaîne de production des objets d’art, des armes, des pièces d’orfèvrerie ou encore des éléments décoratifs.
Le terme vient du verbe brunir, qui signifie rendre brillant ou donner une teinte sombre et uniforme à un métal.
Le brunisseur travaillait souvent en atelier, parfois en collaboration avec des fondeurs, ciseleurs ou doreurs.
Il utilisait des outils comme des brosses métalliques, des tampons de feutre, et des produits chimiques pour obtenir une finition lisse et esthétique.
Cette période, marquée par l’essor industriel et artistique, a vu une forte demande pour les objets décoratifs et les pièces de luxe.
Le brunisseur jouait un rôle dans la fabrication de luminaires, poignées de porte, cadres, sculptures et mobilier en métal.
Paris, avec ses ateliers d’art et ses manufactures, était un centre névralgique pour ce type de savoir-faire.
Répartition géographique
Selon les données de Geneanet, le métier de brunisseur était surtout présent dans les grandes villes industrielles et artistiques comme Paris, Lyon ou Saint-Étienne.
Il était exercé majoritairement par des hommes, mais quelques femmes y ont aussi contribué.
Avec la mécanisation et l’évolution des techniques de finition, le métier de brunisseur a peu à peu disparu ou été intégré à d’autres fonctions comme celle de polisseur ou métallier.
Aujourd’hui, il subsiste dans certains ateliers d’art ou de restauration patrimoniale

Durant les années 1900 à Paris, un brunisseur du nom d’Armand Lefèvre travaillait dans les ateliers d’un célèbre bottier de la rue de la Paix. Son rôle : donner aux boucles de chaussures et aux ferrures une patine irréprochable, un éclat presque magique qui attirait les dames de la haute société.
Un jour, Armand reçut une commande un peu spéciale : la comtesse de Castiglione souhaitait des souliers ornés de boucles si brillantes « qu’on puisse s’y voir comme dans un miroir ». Flatté mais aussi soucieux de relever le défi, Armand travailla jour et nuit avec ses poudres, ses chiffons et ses secrets de brunissage à base d’essence de lavande et de vinaigre blanc.
Le soir de la grande réception, la comtesse fit sensation, mais pas seulement pour sa tenue. Plusieurs invités, intrigués par la clarté des boucles, se penchèrent… et se mirent à corriger leur maquillage ou recoiffer leur moustache dans les reflets métalliques ! Armand devint une légende de l’artisanat parisien, et certaines maisons se mirent à proposer des accessoires « à l’effet miroir Lefèvre ».