BRIQUETIER



Le métier de briquetier à la Belle Époque en France était bien plus qu’un simple travail manuel : c’était un art enraciné dans des traditions anciennes, en pleine mutation industrielle.
Le métier de briquetier remonte à plusieurs siècles, avec des traces écrites dès 1680 dans certaines familles comme les Durand, qui perpétuent ce savoir-faire depuis des générations.
La brique elle-même est utilisée depuis l’Antiquité, mais en France, elle devient particulièrement populaire au Moyen Âge et à la Renaissance, notamment dans le nord et le sud-ouest du pays.
À la fin du XIXᵉ siècle, la fabrication de briques connaît une industrialisation massive. Des fours dits « tunnels » permettent de cuire jusqu’à 100 tonnes de briques par jour, comme dans la briqueterie du Fleix.
Cette période voit l’émergence de nouvelles techniques et de publications spécialisées, avec des inventeurs qui cherchent à moderniser la production.
Les briqueteries deviennent des lieux stratégiques, parfois même impliqués dans des événements historiques comme la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale
Techniques et savoir-faire
Le briquetier utilise des outils comme la truelle, le niveau, l’équerre, et le fil à plomb pour monter des murs droits et solides.
La fabrication passe par l’extraction de l’argile, son séchage, son moulage, puis une cuisson à plus de 800°C, ce qui confère à la brique sa résistance exceptionnelle.
Les briques rouges marquent l’identité de nombreuses régions françaises, notamment dans les maisons à colombages et les HBM (Habitations à Bon Marché) autour de Paris.
À la Belle Époque, elles symbolisent à la fois solidité, modernité et esthétique populaire.

Dans les années 1910, à Saint-Martin-d’Aubigny en Normandie, un certain Georges Texier, propriétaire d’une briqueterie florissante, se retrouve au cœur d’un imbroglio inattendu. Alors que sa briqueterie tourne à plein régime, la Première Guerre mondiale éclate. Les ouvriers sont mobilisés, la production ralentit… mais Texier, loin de se laisser abattre, transforme son usine en cachette pour armes destinées à la Résistance.
En mai 1944, juste avant le débarquement, des armes sont dissimulées dans les fosses de pourrissage et derrière les fours à flammes renversées. Ces armes serviront à faire sauter des lignes ferroviaires stratégiques entre Coutances et Cherbourg. Quelques semaines plus tard, la briqueterie est bombardée, mais Texier et ses complices ont déjà frappé un grand coup.
Ce lieu, autrefois dédié à la fabrication de briques, devient un symbole de résistance et d’ingéniosité ouvrière. Aujourd’hui, la Maison de la Brique est un musée qui retrace cette histoire incroyable, entre artisanat et héroïsme