BOURRELIER




Le métier de bourrelier à la Belle Époque en France était un pilier de la vie rurale et artisanale, profondément lié à l’usage des animaux de trait dans l’agriculture et les transports.
Le métier de bourrelier remonte à l’Antiquité, mais en France, il est attesté dès le IVᵉ siècle.
À partir du Moyen Âge, les bourreliers sont reconnus comme artisans spécialisés dans la fabrication de harnais, colliers, bâts et autres équipements pour chevaux, ânes et bœufs.
En 1582, ils obtiennent des statuts autonomes, se distinguant des selliers qui travaillaient en ville sur les équipements plus nobles.
Le bourrelier fabriquait et réparait tout le matériel nécessaire aux animaux de somme : licols, harnais, capotes, bâches, tabliers, besaces.
Il travaillait aussi bien le cuir que la laine, les toiles épaisses et la bourre (poils d’animaux ou filasse de chanvre), d’où le nom de son métier.
Dans certaines régions, il était aussi appelé harnacheur, et parfois bourlier, gourlier ou gouyer.
Techniques et outils
Utilisation du cuir de bœuf ou de vache, parfois de mouton, pour sa résistance.
Outils spécialisés : couteau à pied (guillotine), alêne, molette, formoir, lissoir, compas, marteau, emporte-pièce.
Le chef-d’œuvre requis pour devenir maître était souvent un harnais complet.
Le métier est encore florissant, surtout dans les campagnes où les animaux de trait sont essentiels.
Le bourrelier est présent dans presque tous les villages, souvent considéré comme un artisan indispensable.
Son saint patron est Saint Éloi, et il est parfois surnommé « le marquis de la croupière ».
Avec l’industrialisation et la disparition progressive des chevaux dans les travaux agricoles, le métier décline au XXᵉ siècle.
Aujourd’hui, il subsiste principalement dans le domaine équestre, pour les chevaux de monte ou les reconstitutions historiques.

Un scandale de harnais volé… au bal masqué !
À Lyon, en 1907, un bourrelier réputé nommé Théodore Martel, artisan de la cour du préfet, était connu pour ses harnais d’exception cousus main avec des cuirs d’Espagne, gravés à l’or fin. Un soir de février, lors d’un bal masqué chic au Cercle des Arts et Métiers, Martel repère un cavalier flamboyant… équipé de son propre harnais disparu des semaines auparavant ! L’affaire fait grand bruit dans les journaux locaux : il s’avère que le harnais avait été subtilisé par un jeune noble désargenté, espérant séduire une héritière en incarnant « un marquis cavalier ». L’ironie ? L’héritière, éblouie par l’élégance du harnais, tombe sous le charme… non pas du faux marquis, mais du vrai créateur Martel devenu héros malgré lui.