BOUQUETIERE



Le métier de bouquetière à la Belle Époque en France était bien plus qu’un simple commerce de fleurs c’était une activité profondément féminine, populaire et emblématique de la vie parisienne.
Le métier remonte au Moyen Âge, où les chapelières de fleurs confectionnaient des couronnes pour les gentilshommes et les processions religieuses.
À partir du XVe siècle, les bouquetières se sont organisées en communauté distincte, obtenant des statuts officiels en 1677.
Ce métier était exclusivement féminin : les hommes n’étaient pas autorisés à l’exercer, et même les fils ou veufs ne pouvaient reprendre l’affaire d’une bouquetière.
Les bouquetières vendaient leurs compositions florales dans les rues, sur les marchés ou devant les églises.
Elles confectionnaient des bouquets, couronnes et chapeaux de fleurs, souvent avec des roses, œillets et violettes.
Certaines fleurs comme l’acacia étaient interdites à la vente, et les jardiniers ne pouvaient vendre qu’aux Halles ou sur le quai de la Mégisserie avant 8h du matin
Organisation et apprentissage
Le métier était structuré en communauté jurée, avec des maîtresses, compagnonnes et apprenties.
Les apprenties devaient composer un chef-d’œuvre floral pour être admises comme maîtresses.
Quatre jurées étaient élues tous les deux ans : deux femmes mariées et deux filles majeures.
Le costume typique : robe longue, tablier et coiffe. Les bouquetières étaient souvent représentées comme plus avenantes que d’autres travailleuses comme les ravaudeuses.
Elles ont inspiré de nombreux auteurs du XIXe siècle, comme Paul de Kock ou Alexandre Dumas, qui les ont intégrées dans leurs récits
Conditions de vie
Malgré leur rôle dans la vie urbaine, les bouquetières vivaient souvent dans une grande pauvreté, parfois obligées de mendier.
Elles faisaient face à la concurrence des plumassières, qui ajoutaient des fleurs à leurs créations de plumes.

Imagine Jeanne, bouquetière ambulante dans le Paris de 1900. Le soir, elle arpente les terrasses des cafés et les sorties de théâtres, vendant ses roses aux messieurs en galante compagnie. Mais Jeanne ne se contente pas de vendre des fleurs… elle a du flair.
Un soir, au sortir du Moulin Rouge, elle repère un couple célèbre : un riche industriel et une actrice en vogue. D’un clin d’œil, elle tend un bouquet de violettes à l’homme, glisse un mot doux à l’oreille de la dame, et repart avec un billet de 20 francs une petite fortune pour elle. Ce n’est que le lendemain que les journaux révèlent que l’homme était marié… et que la bouquetière, sans le savoir, avait été témoin d’un scandale mondain.